06.09.10 - TPIR/NDAHIMANA - OUVERTURE DE L'ACCUSATION DANS LE PROCES NDAHIMANA

Arusha, 6 septembre 2010 (FH) - L' accusation a ouvert les débats lundi dans le procès de l'ancien maire de Kivumu (préfecture de Kibuye, Ouest du Rwanda), Grégoire Ndahimana, en soutenant qu'il était responsable de génocide, complicité de génocide et extermination en raison de son rôle dans les massacres de Tutsis commis en avril 1994 à la paroisse de Nyange.
1 min 56Temps de lecture approximatif

"Ndahimana est directement responsable et coupable. Il n'a pas seulement orchestré les tueries mais il a également montré l'exemple. Il a planifié, ordonné, initié, supervisé et donné le signal des massacres de la paroisse de Nyange", a affirmé le procureur Holo Makwaia devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Selon elle, détenant l'autorité suprême dans la commune, représentant le gouvernement rwandais, l'accusé avait le devoir de protéger les Tutsis qui avaient cherché refuge dans la paroisse. Au contraire a-t-elle dit,  "il s'est mêlé aux tueurs et leur a donné des instructions pour mettre en oeuvre les tueries".

Makwaia a ensuite annoncé qu'elle convoquerait à la barre, au cours de ce procès, deux types de témoins. La première catégorie comprendra des auteurs des massacres qui expliqueront comment ils ont travaillé sous les ordres et les directives de l'accusé. La seconde catégorie sera composée de survivants qui raconteront l'horreur et la terreur des tueries dans la paroisse.

Le premier témoin, dénommé "CBS" pour protéger son identité, est un survivant. Il a expliqué que tout les dirigeants de Kivumu, sous l'autorité de Ndahimana, s'étaient rendus à la paroisse le 15 avril 1994 pour superviser l'assaut.   

"Il y a eu toute une série d'attaques. Le groupe emmené par Ndahimana donnait les instructions aux assaillants. Ils étaient là pour nous tuer", a-t-il dit.

Les assaillants avait des cailloux, des machettes, des grenades et des armes à feu. Selon le témoin, sur les 2000 personnes réfugiées dans la paroisse, une vingtaine seulement ont survécu.

Arrivé sur les lieux le 11 avril, CBS est parvenu à s'enfuir le quatrième jour, de nuit, et a rejoint la préfecture de Gitarama, qui était alors relativement calme.

Né en 1952, Ndahimana a été arrêté le 10 août 2009 dans le nord Kivu (RDC) au camp de Kachuga. Il a été transféré dans le centre de détention des Nations Unies à Arusha le 21 août 2009. Il est apparu devant la cour pour la première fois le 28 septembre 2009 et a plaidé non coupable de toutes les charges retenues contre lui.

FK/NI/GF

© Agence Hirondelle