Maxime Mokom, ex-chef des milices anti-balaka libéré la semaine dernière par la Cour pénale internationale (CPI), s'oppose à son renvoi en Centrafrique, où il risque "la détention et la torture", selon ses avocats vendredi.
"M. Mokom s'oppose catégoriquement à tout retour en Centrafrique", ont indiqué ses avocats dans une lettre transmise à l'AFP. "La défense a toutes les raisons de penser qu'il serait soumis à une détention illégale et arbitraire, à la torture et à des traitements cruels s'il devait être renvoyé de force, contre sa volonté".
Les juges de la CPI ont annoncé le 19 octobre avoir mis fin à la procédure à son encontre, en raison de l'abandon des charges par l'accusation, plusieurs témoins importants n'étant "pas disponibles pour témoigner".
Ils ont ordonné la libération immédiate de l'ex-chef de milice âgé de 44 ans, qui faisait face à vingt chefs d'accusation de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité pour des atrocités commises en 2013 et 2014, parmi lesquels des attaques dirigées contre des civils, des meurtres, des viols, des pillages et des attaques de mosquées.
Maxime Mokom était le chef des anti-balaka, des milices autoproclamées d'autodéfense formées majoritairement de combattants chrétiens et animistes, créées en 2013 en réaction à la prise de Bangui par la Séléka, une coalition de groupes armés principalement composée de musulmans opposés à l'ancien président François Bozizé.
L'ex-chef de milice a nié en août lors d'une audience toute implication dans le bain de sang il y a dix ans, affirmant aux juges de la CPI qu'il était "dévoué à la recherche de la paix".
Selon ses avocats, M. Mokom a été jugé par contumace à Bangui "après l'audience de confirmation des charges de la CPI".
"Ni M. Mokom, ni ses avocats n'ont été informés de ce +procès+ bien que tout le monde sache qu'il est détenu à La Haye" siège de la CPI, affirment-ils.
Un jugement de deux pages à Bangui aurait condamné M. Mokom à la réclusion à perpétuité avec travaux forcés et à la confiscation de ses biens par l'Etat, dans ce que ses avocats ont qualifié "d'attaque politique opportuniste".
Les violences en Centrafrique commises par la Séléka et les anti-balaka -signifiant "anti-machette"- auraient fait des milliers de morts et plus d'une centaine de milliers de déplacés, selon la CPI.
