Deux nouvelles plaintes ont été déposées en France auprès de la justice antiterroriste, dont l'une pour crimes contre l'humanité, concernant des personnes tuées dans l'attaque du Hamas en Israël le 7 octobre, a appris l'AFP d'avocats mardi.
Les avocates Ilana Soskin et Yaël Scemama ont annoncé dans un communiqué avoir déposé plainte lundi après-midi à Paris au nom de deux Français dont trois membres de la famille ont été "assassinés" le 7 octobre "par les terroristes du Hamas" dans le kibboutz Beeri, tandis que "cinq" autres membres "sont retenus en otage à Gaza, dont deux très jeunes enfants de 3 et 8 ans."
La plainte pour crimes contre l'humanité "vise le Hamas et ses dirigeants", alors que le kibboutz Beeri a été "le théâtre des pires atrocités" voire "de pogroms", d'après les avocates.
Cette communauté au sud d'Israël, à moins de 5 kilomètres de la bande de Gaza, comptait 1.200 habitants. Près de 90 ont été tués, y compris des enfants. Une trentaine de personnes, pour la plupart probablement retenues en otage dans le territoire palestinien, sont portées disparues.
D'après le communiqué des avocates, certains enfants ont été "assassinés, brûlés vifs, décapités ou démembrés, dans leur maison", tandis qu'une femme enceinte a été "torturée, les terroristes lui ont ouvert le ventre pour en sortir le foetus de l'enfant qu'elle portait".
Pour Me Soskin, le Hamas a agi "en application d'un plan concerté, organisé en amont de longue date", justifiant la qualification de crimes contre l'humanité.
Me Nathanaël Majster a lui annoncé à l'AFP avoir déposé plainte pour "assassinat en relation avec une entreprise terroriste" concernant la mort le 7 octobre de Valentin Elie Ghnassia, 22 ans, militaire français engagé au sein de Tsahal et dans un "parcours d'intégration" pour obtenir la nationalité israélienne. Il aurait été visé "par un tir mortel" d'un membre du Hamas dans ce même kibboutz Beeri.
Le parquet national antiterroriste (Pnat) a annoncé le 12 octobre avoir ouvert une enquête préliminaire, notamment pour assassinats en relation avec une entreprise terroriste.
A ce stade, l'enquête n'est pas ouverte pour des infractions relevant de crimes contre l'humanité.
Plus de 1.400 personnes ont été tuées en Israël depuis le 7 octobre, essentiellement des civils massacrés par le mouvement islamiste palestinien Hamas ce jour-là, selon les autorités israéliennes. Parmi les morts figurent 40 Français, selon le dernier bilan.
Depuis l'attaque, Israël pilonne en retour la bande de Gaza, territoire assiégé où s'entassent 2,4 millions de Palestiniens, et l'armée israélienne y a lancé également une opération terrestre depuis le 27 octobre. Selon le ministère de la Santé du gouvernement du Hamas, plus de 10.000 personnes ont été tuées depuis le début des bombardements dans la bande de Gaza, en majorité des civils.
