Pas de "silence" ni d'"indifférence": plus de 70 rassemblements contre l'antisémitisme en France

Plus de 70 rassemblements ont été annoncés dimanche dans toute la France pour dire non à l'antisémitisme: paroles de politiques et manifestants entendues dans différentes villes.

- "Le même ennemi, le Hamas"

À Nice, près de 3.000 personnes, selon la police, ont participé en fin de matinée sur le bord de mer à un "grand rassemblement pour la République et contre l'antisémitisme", à l'appel du maire LR de la ville Christian Estrosi et de l'antenne locale du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France).

"Cette montée de l'antisémitisme nous terrorise (...) Israéliens et Palestiniens ont le même ennemi, le Hamas", selon Carole Sebban, une chef d'entreprise niçoise, dont la famille envisage aujourd'hui de quitter la France.

Un autre rassemblement, à l'appel de l'Association des maires de France, était attendu dans l'après-midi, dans le Vieux-Nice.

- "Menace pour la République"

+ A Rouen, plus de 700 personnes, dont de nombreux élus, se sont réunies devant la mairie, selon la préfecture.

"Quand l'antisémitisme resurgit, c'est une menace pour la République toute entière. Mais il y a une menace plus grande encore: c'est notre silence et notre indifférence", a déclaré le maire PS de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol, estimant que "participer à ce rassemblement (...) est une obligation morale et citoyenne pour toutes celles et ceux qui refusent la haine de l'autre".

- "Pas un détail de l'Histoire"

+ A Brest, environ 500 personnes se sont rassemblées devant l'Hôtel de Ville, a constaté un journaliste de l'AFP.

"L'antisémitisme, la haine des juifs, pouvant conduire aux pires crimes contre l'humanité, n'est pas un détail de l'Histoire", a déclaré le maire PS François Cuillandre, devant une foule rassemblée sous la pluie.

"Cette haine, qu'elle soit dirigée contre nos compatriotes de confession juive ou de confession musulmane, n'a aucune place dans notre République. Et il n'y a pas de place pour l'ambiguïté face au poison de la haine", a-t-il ajouté.

- "Un moment de dignité"

+ A Strasbourg, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées dimanche matin, dont plusieurs députés LFI venus de Paris.

Sur une "idée" lancée par François Ruffin et Alexis Corbière, plusieurs élus insoumis comme Clémentine Autain ou Raquel Garrido ont répondu à l'appel du député LFI de Strasbourg Emmanuel Fernandes de défiler à cette manifestation organisée par la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme), où le Rassemblement national n'était pas le bienvenu.

Le député de la Somme François Ruffin a plaidé pour un "moment de dignité, de gravité" et demandé de laisser de côté "au moins pendant 24 heures, toutes les polémiques".

- "Etre à la hauteur"

+ A Lyon, plus de 3.000 personnes, selon la préfecture, se sont rassemblées place Bellecour, sous une légère pluie, devant la statue du Veilleur de Pierre, mémorial de la résistance française à l'occupation nazie.

"Nous devons être à la hauteur" de la formule du général de Gaulle qui a fait de Lyon la "capitale de la résistance", a déclaré le maire écologiste de la ville Grégory Doucet, en affirmant "notre rejet de la haine de l'autre, de la haine du juif" et de "toute forme de racisme".

"Notre ville, c'est une ville humaniste, ouverte", a plaidé la députée Renaissance Anne Brugnera, à l'initiative du rassemblement.

Richard Zelmati, président du Crif Auvergne-Rhône-Alpe, a dénoncé "l'exploitation politique de l'antisémitisme par l'extrême gauche" et un "effet d'aubaine saisi par une extrême droite opportuniste", déclenchant de vifs applaudissements.

Pour Dominique Mounier, un manifestant qui a précisé ne "pas être juif", "c'est important d'être là, en tant que personne qui refuse le racisme".

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