Liban: HRW réclame une enquête sur la mort de civils tués dans une frappe israélienne

L'ONG Human Rights Watch a réclamé mardi une enquête sur la mort de quatre civils libanais -- une femme et ses trois petites-filles -- lors d'une frappe israélienne dans le sud du Liban, estimant qu'elle s'apparentait à un "crime de guerre".

Le 5 novembre, une frappe israélienne avait visé une voiture civile dans laquelle se trouvaient cinq femmes, dans la zone frontalière du sud du Liban. Trois fillettes âgées de 10 à 14 ans et leur grand-mère avaient été tuées, et leur mère, qui était au volant, avait été blessée.

"Cette attaque des forces militaires israéliennes qui ont frappé une voiture transportant une famille fuyant la violence témoigne d'un mépris irresponsable pour la vie des civils", a affirmé Ramzi Kaiss, chercheur pour le Liban à HRW.

Il a estimé que la mort des civils constituait "une violation des lois de la guerre", ajoutant que "les alliés d'Israël, comme les Etats-Unis, devraient répondre à ce crime de guerre apparent en exigeant que des comptes soient rendus pour cette frappe illégale".

Depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas à Gaza le 7 octobre, les échange de tirs sont quotidiens entre l'armée israélienne et des groupes armés, notamment le puissant Hezbollah pro-iranien, dans le sud du Liban.

Human Rights Watch a déclaré n'avoir trouvé aucune preuve de cible militaire à proximité de la frappe.

"Mais s'il y en avait, le fait de viser une voiture transportant des civils (...) rend cette frappe illégale", a ajouté M. Kais.

Les victimes fuyaient leur maison située dans un village frontalier. Elles suivaient un membre de leur famille, un journaliste local, qui était au volant de sa propre voiture et a été blessé.

Le Premier ministre libanais, Najib Mikati, a dénoncé un "crime abject commis par l'ennemi israélien", affirmant que les victimes avaient été visées par des drones.

Le porte-parole de l'armée israélienne, Daniel Hagari, a indiqué que son armée avait "frappé des cibles du Hezbollah (...) en réponse à un tir de missile antichar qui a tué un civil israélien".

Au moins 88 personnes ont été tuées dans le sud du Liban depuis le début des hostilités, incluant 65 combattants du Hezbollah et 11 civils, parmi lesquels un journaliste de l'agence Reuters, selon un bilan compilé par l'AFP.

Neuf personnes ont été tuées du côté israélien, parmi lesquelles six militaires, selon les autorités.

Justice Info est sur Bluesky
Comme nous, vous étiez fan de Twitter mais vous êtes déçus par X ? Alors rejoignez-nous sur Bluesky et remettons les compteurs à zéro, de façon plus saine.