La Commission européenne propose d'interdire les importations de diamants en provenance de Russie dans le cadre d'un nouveau paquet de sanctions liées à la guerre en Ukraine, selon le texte de sa proposition obtenu par l'AFP mercredi.
Ce texte, qui doit être approuvé à l'unanimité par les 27, propose en outre d'inclure des mesures pour améliorer l'efficacité des sanctions concernant le pétrole russe.
Moscou est accusé de financer une partie de sa guerre contre l'Ukraine grâce au commerce lucratif de diamants, qui représentent un chiffre d'affaires d'environ quatre à cinq milliards de dollars par an.
L'interdiction de l'UE concernera les diamants naturels ou synthétiques, et les bijoux, dès janvier 2024, et les diamants russes taillés dans d'autres pays à partir de septembre, selon cette proposition.
La Belgique a levé ses réticences sur ces sanctions, décidées par les pays du G7, et proposé des solutions, notamment par le biais d'un système de traçage pour les rendre efficaces, sans pénaliser sa propre industrie, florissante à Anvers (nord-ouest).
L'UE cherche aussi à améliorer l'efficacité des sanctions prises à l'encontre du pétrole russe, et la Commission propose d'étendre ces sanctions au GPL, le gaz de pétrole liquéfié, au butane et au propane, utilisés notamment pour le chauffage.
Elle n'a toutefois pas repris à son compte une demande du Parlement européen, qui souhaitait également une interdiction totale des importations de GNL, le gaz naturel liquéfié, beaucoup plus répandu dans l'UE.
- Interdiction totale -
Les eurodéputés ont estimé nécessaire dans une résolution adoptée jeudi que l'Union européenne collabore avec les pays du G7 pour imposer une interdiction totale des importations russes de gaz naturel liquéfié (GNL).
Selon un rapport publié fin août par l'ONG Global Witness, l'UE a augmenté de 40% ses importations de GNL au cours des sept premiers mois de l'année par rapport à la même période en 2021, pour une valeur de quelque 5,29 milliards d'euros, au bénéfice, dénoncent certains Etats membres, de la machine de guerre russe.
Mais d'autres pays européens y sont plus réticents en raison du déséquilibre qu'une telle mesure pourrait provoquer sur le marché européen du gaz dont les prix pourraient alors
Il contient également une liste supplémentaire de 120 personnalités et entités russes que la Commission propose de sanctionner pour leur rôle dans la guerre menée par la Russie contre l'Ukraine, selon un communiqué des services du chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.
Les mesures proposées ciblent tous ceux qui ont participé à l'organisation des élections non reconnues par la Communauté internationale dans les territoires ukrainiens actuellement occupés par l'armée russe, ceux responsables de la "rééducation" des enfants ukrainiens et enfin ceux qui se rendent coupables de désinformation et de propagande en soutien à la Russie.
Le président russe Vladimir Poutine est l'objet d'un mandat d'arrêt lancé contre lui par la Cour pénale internationale (CPI) pour la "déportation" d'enfants ukrainiens vers la Russie.
Cette proposition de la Commission, pour un douzième paquet de sanctions contre la Russie, sera discuté dès vendredi par les Etats membres, au niveau de leurs représentants à Bruxelles.
