05.11.10 - TPIR/SYNTHESE - UNE CONDAMNATION, TROIS NOUVELLES REQUETES DE RENVOI VERS LE RWANDA

Arusha, 5 novembre 2010 (FH) - Au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), la semaine a été ouverte lundi par la condamnation d'un homme d'affaires à 30 ans de prison, et elle s'est achevée vendredi par l'annonce de trois nouvelles demandes de renvoi d'affaires vers la justice rwandaise.
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Gaspard Kanyarukiga, 65 ans, a été reconnu coupable de génocide et extermination pour avoir appelé, le 16 avril 1994, au massacre de près de 2.000 Tutsis qui s'étaient retranchés dans l'église catholique de Nyange, située dans la commune de Kivumu (ouest).

Selon les conclusions de la chambre, Kanyarukiga a déclaré que l'église de Nyange devait être détruite et qu'il se chargerait d'en construire une autre. Il savait bien que la démolition de l'édifice entraînerait la mort des personnes qui s'y trouvaient, ont indiqué les juges.

L'église a été rasée par un bulldozer dans la journée du 16 avril 1994, à l'instigation, selon le jugement, de Kanyarukiga et d'autres notables de Nyange, tel l'ancien maire de Kivumu Grégoire Ndahimana, dont le procès a également repris lundi.

Durant la semaine, trois témoins à charge ont été entendus, accusant tous l'ancien maire d'être l'un des principaux responsables du massacre de l'église de Nyange, dans sa commune.

Le procès se poursuivra la semaine prochaine.

Enfin, le TPIR a annoncé vendredi, dans un communiqué, que le bureau du procureur avait déposé trois nouvelles demandes de renvoi d'affaires vers la justice rwandaise.

L'une de ces affaires concerne le pasteur pentecôtiste Jean-Bosco Uwinkindi arrêté le 30 juin en Ouganda, tandis que les deux autres visent des accusés encore en fuite, à savoir l'ex-inspecteur de police judiciaire à Kibuye, Fulgence Kayishema et Charles Sikubwabo, ancien maire de Gishyita, toujours dans l'ancienne préfecture de Kibuye.

Cinq premières requêtes du genre avaient été rejetées par les juges du TPIR qui estimaient que toutes les conditions d'un procès équitable n'étaient pas encore réunies au Rwanda.

Kigali affirme avoir, depuis lors, tout fait pour rassurer ces juges.

ER/GF

© Agence Hirondelle