25.11.10 - SENEGAL/HABRE - ENGAGEMENTS FINANCIERS DES DONATEURS POUR LE PROCES HABRE

Arusha, 25 novembre 2010 (FH) - Invités à mettre la main à la poche pour la tenue du procès de l'ancien dictateur tchadien en exil au Sénégal, les donateurs se sont engagés mercredi à Dakar à débourser 8,6 millions d'euros, soit un peu plus que le budget prévu, apprend-on de l'Union africaine (UA).
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Ces annonces d'intention de contributions financières permettront au Sénégal de démarrer dans les meilleurs délais la phase des poursuites contre Hissène Habré, conformément au mandat qu'il a reçu de l'UA en 2006.

« La table ronde de Dakar a exhorté les donateurs à effectuer les premiers décaissements dans un délai raisonnable pour permettre le démarrage du procès », indique l'UA dans un communiqué.

Le compte bancaire auquel seront versées ces contributions sera géré par le Bureau des Nations unies pour les services d'appui aux projets (UNOPS).

L'organisation africaine « demeure fermement convaincue de la nécessité de traduire Hissène Habré en justice, en vertu de l'article 4(o) de l'Acte Constitutif de l'Union Africaine qui prescrit le respect du caractère sacro-saint de la vie humaine, la condamnation et le rejet de l'impunité, des assassinats politiques, des actes de terrorisme et des activités subversives », poursuit le texte.

L'organisation « réitère sa confiance dans la détermination du Sénégal à faire tout ce qui est en son pouvoir pour permettre le démarrage et la tenue du procès », ajoute le communiqué.

Président du Tchad de 1982 à 1990, Habré, exilé au Sénégal depuis sa chute en 1990, a été inculpé en 2000 pour crimes contre l'humanité, crimes de guerre et actes de torture.

Mais après l'inculpation, la justice sénégalaise s'est d'abord déclarée incompétente pour le juger, obligeant les victimes à se tourner vers la Belgique.

A l'issue de 4 ans d'enquêtes, un juge belge a délivré un mandat d'arrêt international en septembre 2005, mais la Chambre d'accusation de la Cour d'appel de Dakar s'est également déclarée incompétente pour statuer sur la demande d'extradition et les autorités sénégalaises ont dû consulter l'UA.

Le 2 juillet 2006, l'Union africaine a finalement demandé au Sénégal de juger Hissène Habré "au nom de l'Afrique", ce que le président Abdoulaye Wade a accepté.

Mais depuis lors, Dakar a refusé d'entamer les démarches nécessaires au procès tant qu'il ne recevrait pas un financement de la communauté internationale.

ER/GF

© Agence Hirondelle