26.11.10 - TPIR/NGIRABATWARE - L'EX- MINISTRE DU PLAN AUGUSTIN NGIRABATWARE INVOQUE UN ALIBI

Arusha, 26 novembre 2010 (FH) - L'ex-ministre du Plan Augustin Ngirabatware en procès au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a invoqué jeudi un alibi pour réfuter les allégations d'incitation aux massacres de Tutsis les 7 et 8 avril 1994 dans sa commune, dans le nord du pays.
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Inculpé de crimes de génocide et de crimes contre l'humanité, l'ancien dignitaire est originaire de la commune Nyamyumba (préfecture de Gisenyi).

« Je ne suis pas sorti de Kigali entre le 6 et le 8 avril 1994. Tout cela est faux, entièrement faux, voire impensable », a clamé l'ex-ministre, expliquant que la détérioration de la situation après la destruction de l'avion présidentiel le lui aurait pas permis ce luxe.

L'accusation allègue que Ngirabatware a distribué des armes à Nyamyumba et appelé les Hutus de l'endroit à tuer les Tutsis les 7 et 8 avril 1994.

L'accusé-témoin a rétorqué que sa famille et celles d'autres membres du gouvernement avaient été évacuées au camp de la Garde présidentielle (GP) après l'attentat contre l'avion du président Juvénal Habyarimana dans la soirée du 6 avril 1994.

Après deux nuits blanches, il a décidé, selon son témoignage, d'aller chercher refuge à l'ambassade de France qui se trouvait au centre ville dans un quartier où les combats étaient moins intenses.

Il a ajouté qu'après son arrivée à l'ambassade, il n'avait pas même pas pensé, une seule fois, à aller prendre quelque chose à sa résidence qui était située dans le même quartier, à seulement quelques encablures.

L'audition se poursuivra lundi prochain.

Membre du Mouvement républicain national pour la démocratie et le développement (MRND), le parti de l'ex-président Juvénal Habyarimana, Ngirabatware est gendre du milliardaire  Félicien Kabuga encore recherché par le TPIR.

Docteur en économie de l'Université de Fribourg, en Suisse, il a été, dans son pays, enseignant à l'Université Nationale du Rwanda (1986-1994), puis ministre du Plan (1990-1994). Durant son exil à partir de juillet 1994, il a travaillé dans différents instituts de recherche au Gabon et en France.

Arrêté en Allemagne le 17 septembre 2007, l'ex-ministre se trouve entre les mains du TPIR depuis le 08 octobre 2008.

Le procès s'est ouvert le 22 septembre 2009 et l'accusation a été bouclée le 31 août au terme de l'audition de 20 témoins à charge.

La défense, quant à elle, a annoncé 95 témoins, un nombre qui sera certainement revu à la baisse sur ordre de la chambre.

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