10.01.11 - TPIR/KAREMERA - UNE FILLE DE L'EX-PRESIDENT DU MRND DEFEND L'HONNEUR DE SON PERE

Arusha, 10 janvier 2011 (FH) - Premier témoin de l'année au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), la fille cadette de Mathieu Ngirumpatse, ex-président du MRND, a tenté de redorer le blason de son père, en affirmant qu'il ne pratiquait point de discrimination, ni ethnique, ni régionale.
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« Je n'ai jamais entendu mon père appeler à l'extermination des Tutsis (...). Mon père est un homme intègre et je suis fière d'être sa fille », a déclaré Delphine Ngirumpatse, qui vit actuellement au Canada.

Inculpé de crimes de génocide et de crimes contre l'humanité, l'ancien dirigeant est notamment accusé de s'être entendu avec d'autres hauts responsables civils et militaires en vue de perpétrer le génocide des Tutsis d'avril à juillet 1994.

Le témoignage a dû être brièvement interrompu lorsque la fille de Ngirumpatse a fondu en larmes au souvenir des difficultés rencontrées à des barrages routiers sur sa route vers Bukavu, en République démocratique du Congo (RDC) en mai 1994.

Elle a raconté avoir été plusieurs fois menacée de mort sur la partie rwandaise du trajet par des hommes aux barrages qui la prenaient pour tutsie.

Delphine Ngirumpatse fait partie des derniers témoins de son père qui devrait également déposer pour sa propre défense.

L'ex-président du MRND est jugé avec l'ancien vice-président du parti, Edouard Karemera qui a déjà terminé sa défense. Les deux hommes répondent surtout d'exactions commises en 1994 par des membres de leur parti, surtout l'aile jeunesse, les Interahamwe.

C'est ce que l'on appelle au TPIR la responsabilité de supérieur hiérarchique.

Ils rétorquent que le procureur n'a pas prouvé l'existence d'un lien de subordination, de fait ou de droit, entre eux et les auteurs matériels des crimes.

Leur procès, qui a connu bien des vicissitudes, est le premier à reprendre après les vacances judiciaires de fin d'année.

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