25.01.11 - TPIR/NIZEYIMANA - NIZEYIMANA ACCUSE D’AVOIR ORDONNE L'EXECUTION D'UNE FEMME TUTSIE

Arusha, 25 janvier 2011 (FH) - Un ancien officier de l'armée rwandaise cité comme témoin au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a accusé mardi le capitaine Ildephonse Nizeyimana d'avoir ordonné en mai 1994 le meurtre d'une femme tutsie en fuite.
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L'accusé, 48 ans, est accusé de crimes de génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre.

Désigné par le nom de code ZAK, le témoin a indiqué qu'il tentait d'aider la femme à fuir, lorsqu'ils furent interceptés par Nizeyimana le 5 mai 1994 à un barrage routier dans la ville de Butare qui abritait l'Ecole des sous-officiers (ESO), où travaillait l'accusé.

Le capitaine Nizeyimana aurait alors lancé à des soldats au barrage : « Allez exécuter cette Inyenzi », désignant par là la dame tutsie, Beata Uwambaye, qui se trouvait dans un véhicule conduit par le témoin.

« Les soldats ont obéi. Ils ont emmené la femme et peu après, j'ai entendu trois coups de feu. Elle a crié lorsque les soldats étaient en train de la tuer », a témoigné ZAK, soulignant qu'il avait été désarmé par Nizeyimana et sommé de ne pas sortir du véhicule.

A la chambre qui voulait savoir s'il avait, de ses propres oreilles, entendu le capitaine donner cet ordre, il a répondu : « Il se trouvait à environ un mètre de moi. Pour preuve, il a pris de mes mains les clés du véhicule ».

Toujours selon le témoin, les bourreaux sont revenus une vingtaine de minutes plus tard, l'un d'entre eux nettoyant une baïonnette couverte de sang.

Par la suite, l'accusé serait parti à bord d'une Jeep militaire, laissant le témoin au barrage. « J'y suis resté environ 30 ou 40 minutes, avant d'être sommé de monter dans un bus à destination du camp [militaire de] Kigali où j'ai été détenu une semaine pour avoir aidé une Inyenzi à s'échapper », a relaté ZAK.

Le procès se poursuivra mercredi.

Nizeyimana, qui clame son innocence, a été arrêté le 5 octobre 2009 à Kampala, en Ouganda, et transféré le lendemain au centre de détention du TPIR à Arusha (Tanzanie).

FK/ER/GF

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