Le gouvernement allemand a rejeté vendredi l'accusation de "génocide", portée contre Israël par l'Afrique du Sud devant la Cour internationale de justice (CIJ), y voyant le risque d'une "instrumentalisation politique" du droit.
Une audience se déroule depuis jeudi devant la plus haute juridiction des Nations unies, siègeant à La Haye, que Pretoria a saisie le mois dernier arguant qu'Israël violait la Convention des Nations unies sur le génocide, signée en 1948 à la suite de l'Holocauste.
Dans un communiqué, le gouvernement allemand a déclaré "rejeter fermement et explicitement l'accusation de génocide portée contre Israël devant la CIJ. Cette accusation est dénuée de tout fondement".
"Compte tenu de l'histoire allemande et du crime contre l'Humanité que fut la Shoah", le gouvernement allemand dit "se sentir particulièrement lié à la Convention contre le génocide".
"Cette convention est un instrument central du droit international visant à mettre en oeuvre le 'plus jamais ça'", a-t-il ajouté.
"Nous nous opposons résolument à toute instrumentalisation politique", a-t-il poursuivi.
Pretoria souhaite que les juges enjoignent à Israël d'arrêter "immédiatement" la campagne militaire lancée à Gaza après l'attaque sans précédent du Hamas sur le sol israélien du 7 octobre, qui a fait environ 1.140 morts, selon un décompte de l'AFP à partir du bilan israélien.
En représailles, Israël a juré d'"anéantir" le Hamas au pouvoir à Gaza et lancé une offensive dans ce territoire palestinien qui a fait au moins 23.708 morts, en majorité des femmes, des adolescents et des enfants, selon le dernier bilan du ministère de la Santé du Hamas.
Dans son communiqué, Berlin affirme que "le but du Hamas est d'anéantir Israël". Depuis le 7 octobre "Israël se défend contre l'attaque inhumaine du Hamas", dit-il.
Le gouvernement allemand affiche un soutien inébranlable à Israël depuis le 7 octobre mais a ces dernières semaines multiplié les appels à épargner les civils dans la bande de Gaza.
