10.02.11 - TSSL/TAYLOR - LE PROCES DE CHARLES TAYLOR REPORTE SINE DIE

La Haye, 11 février 2011 (FH) - Les juges du tribunal spécial pour la Sierra Léone (TSSL) ont autorisé la défense à faire appel de la décision par laquelle ils avaient rejeté le mémoire final de Charles Taylor. Le procès a été reporté sine die. La suite de l'affaire est désormais suspendue à la décision de la chambre d'appel, qui n'est pas attendue avant plusieurs semaines. Les juges d'appel devront décider si le mémoire final de la défense, un document de près de 600 pages, peut être admis.
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Mardi, le procureur avait présenté son réquisitoire devant un box vide. L'avocat de Charles Taylor, Courtenay Griffiths, avait quitté l'audience dès son ouverture, suivi plus tard par l'accusé. Mercredi, ce dernier avait renoncé à son droit d'être présent et était resté à la prison de Scheveningen.

Les avocats reprochaient aux juges leur décision, adoptée à la majorité, de rejeter leur mémoire final, déposé avec vingt jours de retard. Au cours du mois de janvier, la défense avait demandé aux trois magistrats de leur accorder un délai supplémentaire, arguant notamment qu'ils ne pouvaient présenter leurs arguments tant que les juges n'auraient pas rendu de décisions sur huit requêtes, toujours pendantes, de la défense.

Mercredi, les juges avaient ordonné à maître Courtenay Griffiths, de se présenter à l'audience de vendredi et de présenter « des excuses pour son comportement », sous peine de sanctions. Venu à l'audience, alors que Charles Taylor restait dans sa cellule, l'avocat n'a présenté aucune excuse et ne s'est pas exprimé. Son co-conseil, maître Terry Munyard, a estimé que la question d'éventuelles sanctions était "un sujet très sérieux", nécessitant la désignation « d'un avocat expérimenté ». Une audience devrait se tenir dans les deux prochaines semaines à ce sujet.

Charles Taylor est accusé de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre commis en Sierra Léone, entre 1996 et 2002. Le procureur affirme que l'ancien président du Libéria souhaitait s'emparer du pouvoir en Sierra Leone pour en piller les richesses. Mis en accusation en 2003, Charles Taylor avait du s'exiler au Nigéria, où il avait été arrêté en 2006. Son procès s'est déroulé à La Haye, aux Pays-Bas, à la demande de l'actuelle présidente du Libéria, Ellen Johnson Sirleaf, qui estimait que sa présence dans la région représentait un danger.

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