Des ONG demandent de cesser de livrer des armes à Israël et aux Palestiniens

Des organisations humanitaires ont demandé mercredi à tous les pays de cesser de fournir des armes à Israël et aux groupes armés palestiniens, pour mettre fin au conflit à Gaza et éviter de se retrouver complices de potentiels crimes de guerre.

Ces livraisons d'armes "alimentent la crise humanitaire" dans la bande de Gaza, condamnent les 16 ONG signataires de cet appel, parmi lesquelles se trouvent Médecins du Monde, Oxfam et Amnesty international.

Ces organisations demandent "un cessez-le-feu immédiat" et appellent "tous les pays à cesser de livrer des armes qui peuvent être utilisées pour commettre des violations du droit international humanitaire et des droits humains".

Elles appellent le Conseil de sécurité de l'ONU à adopter "des mesures" pour mettre fin à ces livraisons d'armes.

La guerre dans la bande de Gaza a été déclenchée par l'attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre sur le sol israélien, dans laquelle plus de 1.140 personnes, majoritairement des civils, ont été tuées, selon un décompte de l'AFP à partir de données officielles israéliennes.

Environ 250 personnes ont été enlevées et emmenées à Gaza, dont une centaine libérées fin novembre lors d'une trêve en échange de prisonniers palestiniens. Mais 132 otages sont toujours dans le territoire, dont 28 seraient morts.

Après l'attaque, Israël a juré "d'anéantir" le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007, et a lancé une vaste opération militaire qui a tué 25.700 Palestiniens, en grande majorité des femmes, enfants et adolescents, selon le ministère de la Santé du Hamas.

"Les bombardements et le siège israéliens privent la population civile des éléments essentiels à sa survie et rendent Gaza inhabitable", dénoncent les 16 ONG. "La population civile de Gaza est confrontée à une crise humanitaire d'une gravité et d'une ampleur sans précédent", poursuivent-elles.

- "L'endroit le plus dangereux" -

Au moins 167 travailleurs humanitaires ont été tués à Gaza, indiquent-elles, ce qui représente "le nombre le plus élevé de tous les conflits" du XXIe siècle.

Gaza est "aujourd'hui l'endroit le plus dangereux pour un enfant, un journaliste et un travailleur humanitaire", dénoncent les ONG.

"Notre travail en tant qu'organisations (humanitaires) a été rendu pratiquement impossible", déplore Alexandra Saieh, de Save the Children.

Plus de 95% des armes envoyées ou données à Israël proviennent des Etats-Unis, souligne Martin Butcher, spécialisé dans les armes et les conflits à Oxfam, suivi de l'Allemagne avec environ 3%, puis du Royaume-Uni et de l'Italie avec moins de 1% chacun.

Mais une grande partie des armes utilisées par Israël contiennent des pièces venues du Royaume-Uni.

Selon Donatella Rovera d'Amnesty International, plusieurs opérations israéliennes impliquant des armes américaines sont susceptibles de constituer des violations du droit international.

L'une d'entre elles, une frappe aérienne le 10 octobre, a tué 24 personnes, pour la plupart des femmes et des enfants, dans une zone dans laquelle Israël avait pourtant appelé la population à trouver refuge.

"Certains des meurtres que nous constatons sur le terrain pourraient constituer des crimes de guerre qui feront l'objet d'une enquête", abonde Federico Dessi, de Handicap International.

Selon les organisations signataires, la campagne militaire d'Israël a détruit "une grande partie des maisons, des écoles, des hôpitaux, des infrastructures d'approvisionnement en eau, des abris et des camps de réfugiés".

Aucun établissement médical n'est pleinement opérationnel. Ceux qui fonctionnent partiellement sont débordés et manquent de personnel comme de matériel médical, préviennent-elles.

La Cour internationale de Justice, plus haute juridiction de l'ONU, a annoncé mercredi qu'elle rendrait vendredi sa décision sur des mesures urgentes réclamées par l'Afrique du Sud, qui accuse Israël de "génocide" des Palestiniens dans la bande de Gaza.

Les ONG condamnent également les groupes armés de Gaza qui "tirent sans discernement des roquettes sur la population en Israël".

"Les prises d'otages et les attaques aveugles constituent des violations du droit humanitaire international et doivent cesser immédiatement", disent-elles.

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