21.02.11 - TPIR/NDAHIMANA - L'EX- MAIRE NDAHIMANA DEFENDU PAR UN GENOCIDAIRE REPENTI

Arusha, 21 février 2011 (FH) - Un génocidaire repenti a déclaré lundi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) que l'ancien maire Grégoire Ndahimana était lui-même soumis à des contrôles et fouilles à des barrages routiers dans sa commune pendant le génocide des Tutsis de 1994.
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Poursuivi pour crimes de génocide et crimes contre l'humanité, Ndahimana dirigeait la commune de Kivumu (ouest) qui abritait l'église catholique de Nyange où près de 2.000 Tutsis furent tués le 16 avril 1994.

Désigné par le nom de code ND 24, le témoin, qui a passé quelques années en prison dans son pays pour son rôle dans le massacre de Nyange, a affirmé que l'ordre d'arrêter tous les véhicules, y compris celui du maire, avait été donné par l'Inspecteur de police judiciaire (IPJ)  Fulgence Kayishema.

Aux questions répétées de la procureure Holo Makwaia qui s'étonnait que Ndahimana n'ait pas démantelé les barrages routiers dans son entité administrative, l'homme a répondu : « Il ne pouvait pas enlever ces barrages ; car ne n'est pas lui qui avait ordonné de les ériger mais Kayishema », encore recherché par le TPIR.

« Et pourquoi le maire n'a-t-il pas sanctionné les auteurs du massacre à l'église ? », a encore demandé Makwaia. « C'est l'IPJ Kayishema qui avait le pouvoir d'arrêter des gens mais il ne l'a pas fait », a répondu le témoin.

Quand la procureure lui a fait remarquer que la commune avait tout de même des policiers sur lesquels le maire Ndahimana exerçait de l'autorité, ND 24 a dit ignorer la loi. « Je voyais des policiers, je voyais le bourgmestre (maire) mais je ne sais rien en droit », a-t-il dit.

Il a par ailleurs affirmé que l'accusé n'était pas présent à l'église le 16 avril 1994, date à laquelle l'édifice religieux fut rasé par un bulldozer, ensevelissant ainsi les Tutsis qui y avaient cherché refuge.

Vers la fin de la déposition, le témoin a opté pour de longues digressions en guise de réponses aux questions de la procureure tanzanienne.

La juge camerounaise Florence Rita Arrey, qui préside les débats, a dû intervenir pour lui rappeler de répondre sans tourner au tour du pot.

Ndahimana cite les témoins de sa défense depuis le 17 janvier.

Né en 1952, l'ex-maire a été arrêté le 10 août 2009 dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) et transféré au centre de détention des Nations Unies à Arusha 11 jours plus tard. Son procès a débuté le 6

septembre 2010.

ER/GF

 

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