Réactions à la décision de la CIJ sur l'accusation de "génocide" contre Israël

Les réactions internationales ont afflué vendredi peu après la décision historique de la plus haute juridiction de l'ONU appelant Israël notamment à "prendre toutes les mesures en son pouvoir" pour éviter un génocide à Gaza.

La Cour internationale de justice (CIJ), qui siège à La Haye et n'a aucun levier pour imposer ses décisions, a également enjoint Israël à prendre "des mesures immédiates" pour permettre la fourniture "de l'aide humanitaire dont les Palestiniens ont un besoin urgent" dans la bande de Gaza, sans cependant y appeler à un cessez-le-feu.

Cette attaque a entraîné la mort de plus de 1.140 personnes en Israël, majoritairement des civils, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de chiffres officiels israéliens. Quelque 250 personnes ont alors été enlevées et emmenées à Gaza, dont une centaine libérées fin novembre durant une trêve en échange de prisonniers palestiniens.

En riposte, Israël a juré "d'anéantir" le Hamas, classé organisation terroriste par les Etats-Unis, l'Union européenne et Israël notamment, et lancé une vaste opération militaire qui a fait, selon le ministère de la Santé du mouvement islamiste, 26.083 morts, en grande majorité des femmes, enfants et adolescents.

- Israël: accusations "scandaleuses" -

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a jugé "scandaleuses" les accusations de "génocide" à Gaza déposées par l'Afrique du Sud.

"La tentative ignoble de refuser à Israël" le "droit fondamental" de se défendre est "une discrimination flagrante contre l'Etat juif, et elle a été "rejetée à juste titre", a estimé M. Netanyahu.

- Autorité palestinienne: aucun Etat n'est "au-dessus de la loi" -

La décision est "un avertissement important (rappelant) qu'aucun Etat n'est au-dessus de la loi", a réagi le ministre des Affaires étrangères de l'Autorité palestinienne, Riyad al-Maliki, dans un message vidéo.

"Les Etats ont désormais l'obligation juridique claire de mettre fin à la guerre génocidaire d'Israël contre le peuple palestinien de Gaza", a-t-il poursuivi.

- Washington: les accusations de génocide contre Israël "sans fondement" -

Les Etats-Unis ont réaffirmé que les accusations de "génocide" à l'encontre d'Israël sont "sans fondement", en réaction au verdict de la CIJ, enjoignant à Israël de prévenir tout éventuel acte de génocide dans la bande de Gaza.

"Nous continuons de penser que les accusations de génocide sont sans fondement et prenons note du fait que la Cour n'a pas conclu à un génocide ni appelé à un cessez-le-feu", a déclaré un porte-parole du département d'Etat, la Cour ne s'étant pas encore prononcée, à ce stade, sur la question de savoir si Israël commet ou non un génocide.

- Pretoria: "Victoire décisive" -

L'Afrique du Sud, qui avait saisi la CIJ, a salué vendredi une "victoire décisive pour l'Etat de droit international et une étape importante dans la quête de justice pour le peuple palestinien", selon son ministère des Affaires étrangères.

"Aujourd'hui, Israël se tient face à la communauté internationale, ses crimes contre les Palestiniens exposés au grand jour", a réagi le président sud-africain Cyril Ramaphosa dans une adresse télévisée. "Nous attendons d'Israël, qui se veut une démocratie et un Etat de droit, qu'il se conforme aux décisions rendues".

- Ryad : Israël doit "rendre des comptes"-

L'Arabie saoudite s'est félicitée de la décision de la CIJ concernant Israël, appelant la communauté internationale à "faire rendre des comptes à Israël" pour ses "violations systématiques" du droit international.

Dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères, le royaume a également appelé à "davantage de mesures" pour parvenir à un "cessez-le-feu dans la bande de Gaza" et fournir "une protection au peuple palestinien".

- Doha: une "victoire pour l'humanité"-

Le Qatar s'est félicité vendredi de la décision de la CIJ, saluant "une victoire pour l'humanité".

Dans un communiqué, le ministère qatari des Affaires étrangères a "salué les mesures provisoires ordonnées par la CIJ", se félicitant d'une "victoire pour l'humanité (...) et la justice internationale".

- Amman: une "décision historique"-

La Jordanie a salué la "décision historique" rendue par la CIJ.

Le porte-parole du ministère jordanien des Affaires étrangères, Sufyan Qudah, a notamment souligné dans un communiqué "l'importance de la décision de la Cour d'enquêter sur le génocide israélien dans la bande de Gaza et de prendre rapidement des mesures procédurales, notamment de mettre fin aux crimes israéliens consistant à tuer des Palestiniens et à les maltraiter physiquement".

- Koweit: une "étape importante"-

Le Koweït a salué le verdict de la CIJ, le qualifiant d'"étape importante". Il a également souligné "l'impératif" pour Israël de "respecter cette décision ainsi que les principes du droit international, du droit humanitaire et les résolutions de l'ONU" selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères.

- Hamas: "isoler Israël" -

La décision est "un développement important" qui "contribue à isoler Israël" et "dénoncer ses crimes" dans la bande de Gaza, a réagi vendredi le mouvement islamiste palestinien Hamas.

- Turquie: décision "précieuse" -

"Je considère comme précieuse la décision d'injonction provisoire prise par la Cour internationale de justice concernant les attaques inhumaines à Gaza et je m'en félicite", a écrit sur le réseau social X le président turc Recep Tayyip Erdogan.

"Nous espérons que les attaques d'Israël contre les femmes, les enfants et les personnes âgées prendront fin", a ajouté le chef de l'Etat, l'un des dirigeants les plus critiques d'Israël depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas.

- France: le génocide nécessite "l'établissement d'une intention" -

La France a affirmé envisager de faire part "d'observations" à la CIJ, dans lesquelles elle indiquera notamment "l'importance qu'elle attache à ce que la Cour tienne compte de la gravité exceptionnelle du crime de génocide, qui nécessite l'établissement d'une intention".

Le ministère français des Affaires étrangères a par ailleurs rappelé "l'importance" du "respect strict du droit international humanitaire par Israël", et se félicite que la CIJ appelle, "comme la France", à la "libération immédiate et inconditionnelle" des otages détenus à Gaza. Paris réaffirme également "(oeuvrer) à un cessez-le-feu"."Cette décision de la Cour renforce notre détermination à oeuvrer à de tels résultats", conclut le communiqué.

- UE: "mise en oeuvre complète, immédiate et effective" -

Les décisions de la CIJ "sont contraignantes pour les parties et celles-ci doivent s'y conformer. L'Union européenne attend leur mise en oeuvre complète, immédiate et effective", a indiqué un communiqué commun du chef de la diplomatie européenne Josep Borrell et de la Commission européenne.

- Espagne: "défendre la paix" -

"Nous saluons la décision de la Cour internationale de justice et demandons aux parties d'appliquer les mesures provisoires qu'elle a décrétées", a indiqué le Premier ministre socialiste espagnol Pedro Sánchez dans un message publié sur le réseau social X.

"Nous continuerons à défendre la paix et la fin de la guerre, la libération des otages, l'accès à l'aide humanitaire et la création de l'Etat palestinien à côté d'Israël afin que les deux nations coexistent dans la paix et la sécurité", a-t-il ajouté.

- HRW: "empêcher un génocide" -

"La décision historique de la Cour internationale fait comprendre à Israël et à ses alliés qu'une action immédiate est nécessaire pour empêcher un génocide et d'autres atrocités contre les Palestiniens de Gaza", a déclaré Balkees Jarrah, directeur associé de la justice internationale au sein de l'ONG Human Rights Watch.

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