Le ministère des Affaires étrangères britannique a exprimé samedi ses "vives inquiétudes" au lendemain de la décision de la Cour internationale de justice (CIJ), qui a appelé Israël à "prendre toutes les mesures en son pouvoir" pour éviter un génocide à Gaza.
"Nous respectons le rôle et l'indépendance de la CIJ", assure dans un communiqué un porte-parole du ministère, avant de faire part de ses "vives inquiétudes concernant cette affaire, qui n'aide pas à l'instauration d'un cessez-le-feu durable".
Israël "a le droit de se défendre contre le Hamas", redit le ministère des Affaires étrangères britannique. "Nous estimons que les actions d'Israël à Gaza ne peuvent pas être qualifiées de génocide, et c'est pourquoi nous pensons que la décision de l'Afrique du Sud de porter l'affaire devant la justice est erronée et provocatrice", a-t-il ajouté.
La CIJ, la plus haute juridiction de l'ONU, a appelé vendredi Israël à empêcher tout acte éventuel de "génocide" à Gaza. La Cour, qui siège à La Haye, a également enjoint à Israël de prendre "des mesures immédiates" pour permettre la fourniture "de l'aide humanitaire dont les Palestiniens ont un besoin urgent" dans la bande de Gaza, sans cependant y appeler à un cessez-le-feu.
La CIJ avait été saisie par l'Afrique du Sud qui estime qu'Israël viole la Convention des Nations unies sur le génocide.
"Nous nous félicitons de l'appel de la Cour à la libération immédiate des otages et de la nécessité d'acheminer davantage d'aide à Gaza", indique le Foreign Office.
"Une pause immédiate est nécessaire pour acheminer l'aide et libérer les otages. (...) Nous voulons ensuite construire un cessez-le-feu durable et permanent", ajoute-t-il.
L'attaque du Hamas du 7 octobre a entraîné la mort de plus de 1.140 personnes en Israël, majoritairement des civils, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de chiffres officiels israéliens.
En riposte, Israël a juré "d'anéantir" le Hamas, classé organisation terroriste par les Etats-Unis, l'Union européenne et Israël notamment, et lancé une vaste opération militaire qui a fait, selon le ministère de la Santé du mouvement islamiste, 26.257 morts, en grande majorité des femmes, enfants et adolescents.
