L'université Lumière-Lyon II a annoncé mardi avoir annulé une conférence sur les accusations de "génocide" à l'encontre de l'opération militaire d'Israël à Gaza "sur demande de la préfecture et pour des raisons de sécurité".
Elle rappelle dans un communiqué avoir initialement "donné une suite favorable" à une conférence en présence de l'avocat Gilles Devers, organisée par le syndicat étudiant Solidaires et le collectif Palestine69.
Me Devers, qui a soumis en novembre à la Cour pénale internationale (CPI) un dossier réclamant une enquête pour "génocide" à Gaza, devait animer jeudi cette conférence intitulée "Crimes de guerre, crimes contre l'humanité, génocide? Israël au tribunal!".
Lundi, le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) Auvergne Rhône-Alpes avait demandé l'interdiction de la conférence "craignant des répercussions sur la sécurité des étudiants juifs et des troubles à l'ordre public".
"On vient parler de la Cour internationale de justice dans une université, qu'on ne puisse pas le faire est navrant", a commenté Me Devers auprès de l'AFP. Il a également indiqué que les organisateurs cherchaient une autre salle.
Début octobre, Solidaires et Palestine 69 avaient déjà organisé à Lyon II une conférence controversée sur Gaza. Déprogrammée des orateurs officiels, la militante Mariam Abou Daqqa, du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) -- organisation qualifiée de "terroriste" par Israël et l'Union européenne --, y avait pris la parole depuis le public.
Elle a été expulsée mi-novembre vers l'Egypte.
Le Hamas a mené une attaque sans précédent sur le sol israélien le 7 octobre, qui a entraîné le massacre de plus de 1.140 personnes en Israël, très majoritairement des civils, selon un décompte de l'AFP à partir de données officielles,
En riposte, Israël a lancé une vaste opération militaire à Gaza, qui a fait 26.751 morts, en grande majorité des femmes, enfants et adolescents, selon le dernier bilan mardi du ministère de la Santé du Hamas.
Vendredi, la plus haute juridiction de l'ONU, la Cour internationale de justice (CIJ) a appelé Israël à faire tout son possible pour empêcher tout acte de "génocide" dans la bande de Gaza et à y laisser entrer l'aide humanitaire.
À ce stade, la CIJ ne s'est pas prononcé sur la question de savoir si Israël commettait un génocide à Gaza.
