Le président sud-africain Cyril Ramaphosa s'adresse jeudi soir à la nation, à quelques mois d'élections générales à risque pour le parti au pouvoir, qui pourrait pour la première fois de son histoire perdre sa majorité absolue au Parlement.
Le chef d'Etat et président du Congrès national africain (ANC) âgé de 71 ans doit s'exprimer devant les parlementaires et en direct à la télévision à 17H00 GMT depuis l'hôtel de Ville du Cap.
"Ca va être un discours de campagne plutôt qu'un passage en revue de ses accomplissements", présage William Gumede, professeur de politique à l'université du Witwatersrand. "Ramaphosa a de toute façon peu de choses à célébrer, peu d'avancées dans le pays malgré ses succès à l'étranger".
L'Afrique du Sud a affirmé ces derniers mois son influence sur la scène mondiale en accueillant le sommet des Brics en août et avec un recours historique devant la justice internationale contre Israël pour "génocide" à Gaza.
Mais au niveau national, l'ANC de Nelson Mandela perd du terrain, éclaboussé par les affaires de corruption et plombé par un contexte socio-économique morose marqué par un chômage endémique.
Le discours annuel de Cyril Ramaphosa "donnera le ton des prochaines élections et permettra d'évaluer la capacité de l'ANC à tenir un propos lui permettant de remédier au nombre restreint d'électeurs avec l'intention de voter en sa faveur", estime Gustavo de Carvalho, chercheur à l'Institut sud-africain des affaires internationales.
Les Sud-Africains doivent se rendre aux urnes dans les prochains mois pour renouveler leur Parlement, qui désignera le prochain président.
Selon les enquêtes d'opinion, l'ANC risque de passer sous la barre des 50% lors du scrutin qui doit se tenir entre mai et août et pourrait être contraint à former un gouvernement de coalition. La date doit être précisée dans les prochaines semaines.
En tournée près de Pretoria le weekend dernier pour la dernière campagne d'inscription des électeurs, M. Ramaphosa a toutefois assuré pouvoir "sentir l'odeur la victoire".
"Que les gens le veuillent ou non, l'ANC va revenir en force", a-t-il assuré. Le président avait fustigé le mois dernier ceux qui "complotent et se liguent contre l'ANC".
Le premier parti d'opposition, l'Alliance démocratique (DA), a monté une coalition avec dix petits partis. Administrant la ville du Cap et jouissant historiquement d'un soutien auprès de la minorité blanche du pays, le DA tente ces dernières années de gagner des électeurs noirs.
