Le député LFI Adrien Quatennens a refusé dimanche de tracer "un signe égal entre la Shoah" et la situation à Gaza, à l'inverse du président brésilien Lula, mais a admis que l'on puisse faire "preuve de moins de nuance" face "au risque génocidaire".
Plus tôt dimanche, Luiz Inacio Lula da Silva a suscité la polémique en affirmant que "ce qui se passe dans la bande de Gaza avec le peuple palestinien ne s'est produit à aucun autre moment de l'histoire. En fait, cela s'est déjà produit: lorsque Hitler a décidé de tuer les Juifs".
Invité sur BFMTV à réagir aux propos du président brésilien - proche du leader Insoumis Jean-Luc Mélenchon -, Adrien Quatennens s'est d'abord dit "davantage choqué par rapport à ce qu'il se passe véritablement à Gaza et face au risque génocidaire".
"Non il n'y a pas de signe égal à mettre entre la Shoah et ce qui est en train de se passer", a-t-il tempéré.
Mais "s'il faut faire preuve de moins de nuance aussi sur cette question-là pour se faire entendre, alors je supporte que l'on fasse preuve d'un peu moins de nuance. Car il est vraiment temps de se réveiller", a-t-il appelé.
L'attaque sans précédent du Hamas sur le sol israélien a entraîné la mort de 1.160 personnes, pour la plupart des civils, selon un décompte de l'AFP à partir des chiffres officiels israéliens.
Les bombardements et l'offensive terrestre menés depuis par Israël à Gaza ont tué au moins 28.985 personnes, en majorité des femmes et enfants selon le ministère de la Santé du Hamas.
Les appels internationaux à un cessez-le-feu humanitaire et à épargner la population civile se multiplient mais le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu reste déterminé à poursuivre la guerre contre le Hamas. Prochain objectif: la ville de Rafah, adossée à la frontière fermée de l'Egypte, qui abrite près de 1,5 million de personnes, la plupart des déplacés, vivant dans des conditions très dures.
"Toutes celles et ceux (...) qui ont parlé de droit inconditionnel pour Israël à se défendre, il va falloir les rattraper par le col. Parce que ce qui est en train de se passer là-bas, c'est un génocide", a insisté dimanche M. Quatennens.
Ce week-end, Emmanuel Macron et son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi ont exprimé "leur extrême préoccupation face à la dégradation de la situation humanitaire déjà catastrophique à Gaza et les entraves à l'acheminement de l'aide".
