La majorité macroniste a une fois de plus accusé vendredi La France insoumise (LFI) de courtiser "l'électorat antisémite" à travers la candidature aux européennes de la militante franco-palestinienne Rima Hassan, attaquée pour des déclarations sur le conflit Israël-Hamas.
"C'est une honte absolue qui montre l'ambiguïté dans laquelle est la France insoumise, vis-à-vis de sa position sur Israël mais plus généralement sur l'antisémitisme", a dénoncé le président du groupe Renaissance à l'Assemblée nationale Sylvain Maillard sur Europe 1 et CNews.
Mme Hassan "est la représentante des idées que véhicule le Hamas", a-t-il martelé.
À la septième place de la liste conduite par l'insoumise Manon Aubry dévoilée mercredi, Rima Hassan peut prétendre à un siège d'eurodéputée en cas de score supérieur à 5% au scrutin du 9 juin.
La juriste de 31 ans avait donné en novembre une interview controversée au média Le Crayon, dans laquelle elle estimait "vrai" que le Hamas mène une action légitime. Tout en assurant que le mouvement islamiste palestinien "est un groupe terro".
La militante défend par ailleurs la solution d'un "État binational" de "la rivière (Jourdain) à la mer (méditerranée)". Une expression polémique associée par certains à la destruction d'Israël.
Avec sa candidature, LFI cible "l'électorat clairement antisémite" quitte à "valider les thèses les plus nauséabondes pour faire élire quelques députés en plus", a fustigé Sylvain Maillard.
La députée européenne de la majorité Nathalie Loiseau a également dénoncé au même moment sur Sud Radio le "petit clientélisme sale" de LFI qui "joue avec ce qu'ils croient, avec beaucoup de mépris, être un électorat français musulman" présumé "favorable au Hamas".
Anticipant des attaques qu'elle pourrait considérer comme diffamatoires, Mme Hassan a fait savoir par l'intermédiaire de son avocat que "tous les propos qui tomberont sous le coup de la loi feront systématiquement l'objet de poursuites".
- "Parcours extraordinaire" -
La France insoumise monte aussi au créneau pour défendre sa candidate.
"Je ne crois pas que ce soit une personnalité clivante", avait défendu mercredi le coordinateur de LFI Manuel Bompard, assurant que c'était "un honneur de l'avoir sur notre liste". Elle est accusée d'avoir soutenu le Hamas? "Nous aussi, c'est pas pour ça que c'est vrai", avait-il répondu.
La cheffe de file des députés LFI Mathilde Panot a salué sur X (ex-Twitter) une "personnalité de lutte", tandis que le député du Nord David Guiraud s'est félicité de pouvoir "envoyer une voix palestinienne au Parlement européen!".
"Je suis très fier d'avoir Rima Hassan sur notre liste", a renchéri vendredi sur BFMTV leur collègue William Martinet, saluant son "parcours extraordinaire". "C'est une intellectuelle, une juriste, une spécialiste du droit international, de la question des camps de réfugiés", a-t-il déroulé.
Le député des Yvelines est revenu sur les propos polémiques de la candidate. Elle "parle de légitimité à la résistance coloniale, qui n'est pas la même chose que l'attaque du 7 octobre" du Hamas, a-t-il assuré.
"Ce qu'elle dit, c'est que tous les moyens de résistance ne se valent pas et ne sont pas tous autorisés. Rima Hassan dit comme nous, les attaques du 7 octobre du Hamas sont des crimes de guerre", a-t-il ajouté.
Un message relayé sur X par Jean-Luc Mélenchon, le leader de La France insoumise qualifiant de cette intervention de "remarquable".
Née dans un camp de réfugiés en Syrie et arrivée en France à l'âge de 10 ans, Rima Hassan a été naturalisée à sa majorité. Juriste en droit international, elle a travaillé à la Cour nationale du droit d'asile. Elle a créé le collectif Action France Palestine et fondé l'Observatoire des camps de réfugiés en 2019.
