La façade du Mémorial de la Shoah de Drancy, ville de banlieue parisienne qui abritait un camp d'internement de Juifs sous l'occupation nazie, a été dégradée dans la nuit de mardi à mercredi, élus et autorités dénonçant un acte antisémite.
"Dans la nuit du mardi 12 mars au mercredi 13 mars, des dégradations ont été commises sur la façade du Mémorial de la Shoah. Un impact de tir au plomb sur une fenêtre de la façade a fissuré la vitre," a indiqué à l'AFP le préfet Jacques Witkowski, qui représente l'Etat dans le département de Seine-Saint-Denis où ont eu lieu les faits.
Dans un message diffusé sur X, il a condamné "avec fermeté les dégradations commises", s'indignant "de cet acte antisémite qui vise un lieu de mémoire".
Ce Mémorial a été inauguré en 2012 sur les lieux de l'ancien camp d'internement de Drancy qui fut le principal point de départ, entre août 1941 et août 1944, des déportés juifs de France vers les camps d'extermination nazis.
Jacques Fredj, directeur du Mémorial de la Shoah, a fait état auprès de l'AFP d'un possible lien avec la montée des actes antisémites en France depuis le début de la guerre à Gaza.
"Depuis le 7 octobre 2023, nous avons malheureusement dû déplorer trois actes antisémites, et aujourd'hui, même si nous attendons les conclusions de l'enquête, ce quatrième incident est a minima un acte malveillant", a-t-il commenté.
En 2023, principalement après le début de la guerre à Gaza, le nombre d'actes antisémites a été multiplié par quatre en un an en France, qui compte la première communauté juive d'Europe.
Selon Jacques Fredj, "le climat de hausse sans précédent de l'antisémitisme en France montre à quel point le travail d'éducation mené par le Mémorial à Drancy et dans toute la France est plus que jamais nécessaire."
L'institution a déposé plainte mercredi matin.
Réagissant au message du préfet dénonçant les dégradations, la députée de gauche radicale Raquel Garrido s'est dit "outrée par cet acte immonde".
"Dégrader cet endroit si important pour l'histoire de la Seine-Saint-Denis et du pays est une honte" a ajouté l'élue de la circonscription de Drancy.
Stéphane Troussel, président du département, a déclaré être "profondément révolté par cet acte antisémite" qui, selon lui, constitue "une atteinte à la mémoire de la communauté juive, mais aussi à notre mémoire universelle".
amb/mat/sp/jt
X
