Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a appelé jeudi ses concitoyens à débattre de la possibilité de rejoindre l'Union européenne, cette ex-république soviétique du Caucase s'éloignant toujours davantage de l'orbite de la Russie.
L'invasion russe de l'Ukraine a donné un nouvel élan à l'élargissement de l'UE, qui a ouvert des négociations d'adhésion avec Kiev et la Moldavie et accordé un statut de candidat à la Géorgie.
De son côté, l'Arménie multiplie les pas vers l'Occident en accusant la Russie, son alliée traditionnelle, de l'avoir abandonnée face à son puissant rival azerbaïdjanais.
Nikol Pachinian a poursuivi sur cette lancée en affirmant jeudi que la possibilité de rejoindre l'UE devait "devenir un sujet largement discuté dans la société".
Le Parlement européen a adopté cette semaine une résolution appelant à resserrer les liens entre l'UE et l'Arménie.
"Il s'agit d'une nouvelle opportunité de discuter de notre vision de l'avenir de l'Arménie", a déclaré Nikol Pachinian lors d'une réunion gouvernementale.
Son gouvernement "a la volonté politique de travailler à un renforcement maximal des liens entre l'Arménie et l'UE", a-t-il assuré.
L'hypothèse d'une adhésion a été évoquée à plusieurs reprises ces derniers mois par des responsables arméniens dont le chef de la diplomatie Ararat Mirzoïan.
Parallèlement, les relations d'Erevan avec Moscou tournent à l'aigre depuis la reprise militaire en septembre 2023 par l'Azerbaïdjan de l'enclave séparatiste du Haut-Karabakh, jusqu'alors majoritairement peuplée d'Arméniens.
Nikol Pachinian, qui reproche à la Russie de n'avoir rien fait pour empêcher cette offensive éclair, a annoncé fin février que son pays gelait "en pratique" sa participation à une alliance militaire avec ce pays, l'Organisation du traité de sécurité collective (OTSC).
Mercredi, la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, a prévenu que si l'Arménie en claquait la porte, cela causerait un "dégât irréparable" aux liens entre les deux pays.
La semaine dernière, l'Arménie a aussi annoncé qu'elle n'avait plus besoin des garde-frontières russes jusque-là déployés à l'aéroport international de sa capitale.
Sa récente adhésion à la Cour pénale internationale (CPI) a également attisé les tensions avec Moscou, Erevan étant désormais tenu d'arrêter le président russe Vladimir Poutine, visé par un mandat d'arrêt, s'il venait à se rendre dans le pays.
