Le Rwanda a commémoré dimanche le génocide, il y a 30 ans, qui a fait 800.000 morts, majoritairement dans la minorité tutsi, mais aussi des Hutu modérés.
Voici quelques déclarations de responsables politiques dans le monde ou d'organisations internationales à l'occasion des commémorations des 100 jours d'horreur de 1994.
- Le président rwandais Paul Kagame
"Le Rwanda a été complètement humilié par l'ampleur de notre perte. Les leçons que nous avons tirées sont gravées dans le sang".
"C'est la communauté internationale qui nous a tous laissé tomber, que ce soit par mépris ou par lâcheté".
- Le président des Etats-Unis Joe Biden
"Nous n'oublierons jamais les horreurs de ces 100 journées, la douleur et la perte subies par le peuple du Rwanda, ni l'humanité partagée qui nous relie tous, et que la haine ne pourra jamais vaincre".
- Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres
"Cette année, nous nous rappelons la racine rance du génocide: la haine. A ceux qui voudraient nous diviser, nous devons adresser un message clair, sans équivoque et urgent: plus jamais ça".
- Le président de la Commission de l'UA Moussa Faki Mahamat
"Personne, personne, pas même l'Union africaine, ne saurait se disculper de son inaction face à la chronique d'un génocide annoncé. Ayons le courage de le reconnaître, et de l'assumer".
- Le président français Emmanuel Macron
Dans une vidéo dimanche, le président français a fait référence à ses déclarations à Kigali, le 27 mai 2021: il avait alors dit être venu "reconnaître" les "responsabilités" de la France. "Nous avons, tous, abandonné des centaines de milliers de victimes à cet infernal huis clos", avait-il ajouté, précisant que Paris n'avait "pas été complice" des génocidaires hutu.
"Je n'ai aucun mot à ajouter, aucun mot à retrancher de ce que je vous ai dit ce jour-là", a déclaré dimanche le président français.
Jeudi, l'Elysée avait rapporté que, selon Emmanuel Macron, la France "aurait pu arrêter le génocide" de 1994 au Rwanda "avec ses alliés occidentaux et africains", mais n'en avait "pas eu la volonté".
- La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen
"Aujourd'hui, nous marquons le 30e anniversaire du génocide contre les Tutsi. Nous rendons hommage aux victimes. Et nous saluons le parcours du Rwanda, passé de l'obscurité à l'espoir, et de la douleur au progrès. C'est un exemple pour le monde".
- Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme Volker Türk
"Le génocide au Rwanda contre les Tutsi nous l'a clairement rappelé: un génocide n'arrive pas de nulle part, il fait suite à des années d'incitation à la peur, de haine et de déshumanisation".
"Les gouvernements doivent faire tout ce qui est en leur pouvoir pour combattre la haine, la discrimination et les autres causes profondes avant qu'il ne soit trop tard".
- Le président de la principale organisation de rescapés du génocide, Ibuka Philibert Gakwenzire
"Quand la xénophobie et les discours de haine sont tolérés par les gouvernements, ils peuvent atteindre un tel niveau qu'un génocide peut à nouveau être possible. Macron a dit la vérité, il n'y avait pas de volonté politique de la part de la communauté internationale d'arrêter le génocide. Ils en avaient les moyens, mais aucun intérêt à l'arrêter".
- La directrice exécutive de HRW Tirana Hassan.
"Le génocide au Rwanda reste une tâche sur notre conscience collective et, 30 ans plus tard, des leçons peuvent encore être tirées des actions - ou de leur absence - des dirigeants du monde face à des atrocités en cours".
- La conseillère spéciale de l'ONU sur la prévention des génocides Alice Wairimu Nderitu
"Il ne faut jamais perdre de vue que pour les personnes qui ont vécu une génocide, les signaux d'alerte étaient là".
- Communauté d'Afrique de l'Est
"Il est important de réaffimer une vérité fondamentale selon laquelle nous sommes tous créés égaux et nous avons certains droits inaliénables, dont le droit à la vie que personne n'a le droit de nous retirer, comme cela a été fait il y a 30 ans".
