Le président colombien Gustavo Petro, qui a déjà rompu tout lien diplomatique avec Israël, l'accusant de "génocide" dans la bande de Gaza, a appelé vendredi la Cour pénale internationale (CPI) à émette un mandat d'arrêt à l'encontre du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
"Netanyahu n'arrêtera pas le génocide. Cela implique un mandat d'arrêt international de la Cour pénale", a écrit M. Petro sur X, en réponse à un message sur le réseau social évoquant la volonté du Premier ministre israélien de lancer une opération militaire terrestre sur la ville de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza.
Il a en outre suggéré que "le Conseil de sécurité (des Nations unies) devrait envisager la mise en place d'une force de maintien de la paix sur le territoire de Gaza".
Le 1er mai, M. Petro a annoncé rompre ses relations diplomatiques avec Israël, emboîtant le pas à la Bolivie et au Belize, après avoir interrompu l'achat d'armement fabriqué par Israël, l'un des principaux fournisseurs des forces de sécurité du pays sud-américain,
"On ne peut pas revenir aux époques de génocide, d'extermination d'un peuple entier", avait dit le président colombien lors d'un discours.
Le ministre israélien des Affaires étrangères Israël Katz avait aussitôt réagi en qualifiant Gustavo Petro d'"antisémite". "Le président colombien avait promis de récompenser les meurtriers et violeurs du Hamas, aujourd'hui il a tenu promesse".
M. Petro a vivement critiqué, à plusieurs reprises, la guerre menée par Israël dans la bande de Gaza après les attaques sans précédent du Hamas dans le sud du territoire israélien le 7 octobre.
Dès le 20 février il avait accusé Israël de commettre un "génocide" des Palestiniens dans la bande de Gaza, exprimant alors sa "pleine solidarité" avec son homologue brésilien Luiz Inacio Lula Da Silva, plongé dans une crise diplomatique pour avoir dressé une comparaison entre l'offensive israélienne et l'extermination des Juifs par les nazis.
Le Brésil et la Colombie soutiennent la procédure historique intentée par l'Afrique du Sud contre Israël devant la Cour internationale de Justice (CIJ) à La Haye pour violation présumée de la Convention sur le génocide de 1948.
La semaine dernière, des responsables israéliens ont indiqué au New York Times s'attendre à ce que la CPI délivre des mandats d'arrêt contre des membres du gouvernement israélien, dont pourrait faire partie Benjamin Netanyahu.
Le Premier ministre israélien avait estimé qu'une inculpation pour crime de guerre de responsables israéliens "serait un scandale aux proportions historiques", alléguant que la CPI "essayait de mettre Israël sur le banc des accusés".
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