Ceux qui nient le génocide de Srebrenica "n'ont pas leur place en Europe", dit l'UE

Ceux qui nient ou relativisent le génocide de Srebrenica "n'ont pas leur place en Europe", a mis en garde un porte-parole de l'UE mardi, au moment où l'Assemblée générale de l'ONU s'apprête à adopter une résolution faisant du 11 juillet une journée de commémoration, ce qui rend la Serbie furieuse.

"L'UE ne tolérera parmi ses membres, parmi ses acteurs, quiconque essayera de nier le génocide (de Srebrenica), de relativiser le génocide ou de glorifier des criminels de guerre", a déclaré à la presse à Bruxelles Peter Stano, un porte-parole du service diplomatique de l'UE.

"C'est quelque chose que nous disons aux pays qui veulent faire partie" de l'Union européenne, a-t-il poursuivi. "Nous attendons de tous les politiques dans les Balkans occidentaux qu'ils s'abstiennent d'agir ou d'utiliser une rhétorique [...] qui pourrait être perçue comme une négation des choses atroces qui se sont passées à Srebrenica".

"La question de savoir s'il y a eu ou non un génocide à Srebrenica n'est pas une question d'opinion. C'est une décision des instances judiciaires internationales", a encore dit Peter Stano. Et d'ajouter : "Quiconque tente de remettre cela en question n'a pas sa place en Europe".

Le président serbe Aleksandar Vucic, dont le pays négocie son adhésion à l'UE, a déclaré lundi qu'il se rendrait à l'ONU pour y exprimer la position de la Serbie en amont du vote sur la résolution qui pourrait avoir lieu dans les prochains jours.

"Quelqu'un doit adresser une réponse à ceux qui souhaiteraient accuser les Serbes d'être un peuple génocidaire et je vais leur donner la réponse qu'ils méritent", a-t-il lancé devant la presse à Belgrade.

Le projet de résolution - consulté par l'AFP - prévoit que le 11 juillet deviendra la "Journée internationale de réflexion et de commémoration du génocide de Srebrenica" dès 2025, à l'occasion du 30e anniversaire du massacre.

Le 11 juillet 1995, les forces serbes de Bosnie ont tué dans les alentours de cette ville de Bosnie orientale plus de 8.000 hommes et adolescents bosniaques (musulmans).

Ce crime a été qualifié de génocide par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) et la Cour internationale de Justice (CIJ). C'est le pire crime commis pendant la guerre intercommunautaire de Bosnie (1992-95), qui a fait près de 100.000 morts.

Les dirigeants de l'entité serbe de Bosnie (Republika Srpska, RS) et de la Serbie admettent qu'un "crime horrible" a été commis à Srebrenica mais rejettent la qualification de génocide. Le chef politique des Serbes de Bosnie, Milorad Dodik, a plusieurs fois nié ces derniers temps que ce massacre ait été un acte de génocide et revu à la baisse le nombre des victimes.

Justice Info est sur Bluesky
Comme nous, vous étiez fan de Twitter mais vous êtes déçus par X ? Alors rejoignez-nous sur Bluesky et remettons les compteurs à zéro, de façon plus saine.