La Russie a fustigé mercredi le projet de résolution de l'Assemblée générale de l'ONU créant une Journée internationale de commémoration du génocide de Srebrenica, largement soutenue par les Occidentaux.
"Ce texte provocateur est une menace à la paix et à la sécurité" en Bosnie et "dans toute la région", a déclaré devant le Conseil de sécurité l'ambassadeur russe Vassili Nebenzia, accusant les pays qui le soutiennent de "rouvrir de vieilles blessures de la guerre civile".
"Nous jugeons totalement illogique et encore plus immoral que des membres de l'Otan effacent de l'Histoire les preuves de leurs bombardements en ex-Yougoslavie en 1995 et 1999 en faisant porter toute la responsabilité aux Serbes", a-t-il ajouté, accusant les Occidentaux de "Serbophobie".
Le 11 juillet 1995, les forces serbes de Bosnie ont tué dans les alentours de Srebrenica, ville de Bosnie orientale, plus de 8.000 hommes et adolescents bosniaques (musulmans).
Un crime qualifié de génocide par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) et la Cour internationale de Justice (CIJ).
A l'approche du 30e anniversaire en 2025, l'Allemagne et le Rwanda ont préparé un texte qui prévoit de proclamer le 11 juillet "Journée internationale de réflexion et de commémoration du génocide commis à Srebrenica en 1995".
"Cette résolution est de la plus grande importance pour répandre la vérité et la connaissance sur le génocide commis contre les Bosniens", a insisté mercredi devant le Conseil de sécurité Denis Becirovic, membre de la présidence collégiale de Bosnie.
Le projet, qui sera soumis au vote le 23 mai, a en revanche provoqué une levée de bouclier en Republika Srpska (entité serbe de Bosnie) où des milliers de personnes sont descendues dans la rue. Le chef politique des Serbes de Bosnie, Milorad Dodik, a lui déclaré samedi que le génocide de Srebrenica était une "imposture".
Devant le Conseil de sécurité, l'ambassadeur américain adjoint Robert Wood a répondu mercredi: "Nier le génocide empêche aussi la réconciliation".
"Soyons clairs: c'est un fait historique qu'un génocide a été commis à Srebrenica."
Le projet de résolution condamne d'ailleurs "sans réserve toute négation de l'historicité du génocide commis à Srebrenica".
"Se rappeler, commémorer et dire la vérité aux futures générations sont des conditions de la coexistence pacifique entre les différents groupes en Bosnie-Herzégovine", a renchéri le Haut représentant international en Bosnie Christian Schmidt.
Il a d'autre part plus largement accusé les Serbes de Bosnie de "paralyser" le fonctionnement de l'Etat fédéral et de violer l'accord de paix de Dayton de 1995, craignant que cela ne mène à "une sécession de facto de la Republika Srpska".
