Le ministre israélien de la Défense Gallant: un allié devenu critique de Netanyahu

Autrefois fidèle allié du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le ministre de la Défense Yoav Gallant, dont un mandat d'arrêt a été demandé lundi à son encontre à la Cour pénale internationale, est désormais un critique virulent de la gestion par son chef de la guerre à Gaza.

Ancien général devenu homme politique, M. Gallant dirige l'offensive militaire israélienne contre le Hamas dans la bande de Gaza en représailles à l'attaque du mouvement islamiste palestinien en territoire israélien le 7 octobre.

Deux jours après cette attaque, M. Gallant a ordonné un "siège complet" de la bande de Gaza alors que l'armée israélienne pilonnait le territoire surpeuplée avec des frappes aériennes.

"Nous assiégeons complètement Gaza. Pas d'électricité, pas de nourriture, pas d'eau, pas de gaz -- tout est fermé", a déclaré le ministre de la Défense dans un message vidéo du 9 octobre, faisant référence à l'enclave palestinienne de 2,4 millions habitants.

La guerre a éclaté après l'attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre, qui a entraîné la mort de plus de 1.170 personnes, pour la plupart des civils, selon un décompte de l'AFP à partir de chiffres officiels israéliens.

La riposte d'Israël, qui a juré d'anéantir le Hamas, a ravagé Gaza et tué plus de 35.562 personnes, pour la plupart des civils, selon le ministère de la Santé dirigé par le Hamas.

Il y a également eu des affrontements quasi quotidiens à la frontière israélo-libanaise entre l'armée israélienne et les combattants chiites libanais du Hezbollah.

M. Gallant a averti à plusieurs reprises le Hezbollah de porter le combat sur le territoire libanais si le groupe pro-iranien n'arrêtait pas ses tirs de roquettes sur Israël.

- Partisan des colons -

Il est aussi fermement opposé à tout contrôle militaire israélien ou à toute responsabilité sur la gouvernance de la bande de Gaza après la guerre.

"Je n'accepterai pas l'établissement d'un régime militaire israélien à Gaza", a-t-il déclaré la semaine dernière.

"J'appelle le Premier ministre (...) à déclarer qu'Israël n'établira pas de contrôle civil sur la bande de Gaza."

Durant sa carrière politique entamée 2015, il a été un important soutien des colonies israéliennes en Cisjordanie occupée, considérées comme illégales au regard du droit international, et qui abritent aujourd'hui environ 490.000 colons juifs.

"Yoav Gallant est un homme qui a fait beaucoup pour la colonisation de la Judée et de la Samarie", a déclaré Shlomo Neeman, qui dirige le Conseil Yesha, un groupe représentant les colons israéliens en Cisjordanie et utilisant les termes bibliques juifs pour le territoire occupé.

- Bûcheron en Alaska -

Né en 1958 à Jaffa, près de Tel-Aviv, ce fils de juifs polonais rescapés de la Shoah a fait une longue carrière dans l'armée, obtenant le grade de général en 2002 et devenant l'attaché militaire du Premier ministre Ariel Sharon.

Officier dans les commandos de marine de la "Shayetet-13" (Flottille-13), il avait participé à une opération au Liban en 1978 contre le mouvement palestinien Fatah, durant laquelle de nombreux combattants palestiniens avaient été tués par les soldats israéliens.

De 1982 à 1984, il avait pris une pause de l'armée pour devenir bûcheron en Alaska.

Commandant de la division militaire contrôlant la bande de Gaza à la fin des années 90, il a été plus tard commandant en chef de la région sud, notamment au moment du retrait unilatéral de l'armée et l'évacuation des colons de la bande de Gaza à l'été 2005.

A cette fonction, le général Gallant avait commandé l'opération "Plomb durci" dans la bande de Gaza fin 2008, début 2009, fatale à 1.440 Palestiniens et 13 Israéliens et qui avait valu à Israël d'être accusé par le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU de possibles "crimes de guerre".

Nommé chef d'état-major en 2010, Yoav Gallant avait finalement été écarté de ce poste avant sa prise de fonctions à la suite d'allégations par la presse d'appropriation illégale de terrains, une affaire qui n'avait toutefois pas débouché sur des accusations formelles.

Après avoir quitté l'armée, il devient directeur d'une société de forage appartenant au magnat franco-israélien Beny Steinmetz, mais démissionne en 2014 pour se lancer en politique.

Député en 2015 puis ministre du Logement sous l'étiquette du parti de centre-droit Koulanou, il a rejoint la formation de droite Likoud en 2019 et est devenu ministre de l'Immigration, puis de l'Education, dans les gouvernements de Benjamin Netanyahu.

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