22.07.11 - TCHAD/BELGIQUE - LE TCHAD EN FAVEUR D'UNE EXTRADITION D'HISSÈNE HABRÉ VERS LA BELGIQUE

Paris, 22 juillet 2011 (FH) - Le gouvernement tchadien privilégie "l'option de l'extradition de Hissène Habré vers la Belgique pour y  être jugé", a annoncé vendredi dans un communiqué son secrétaire  d'Etat aux Affaires étrangères, Mahamat Bechir Okormi.
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"Le droit légitime des victimes à la justice et le principe de rejet  de l'impunité consacré par l'Acte constitutif de l'Union Africaine  conduisent le gouvernement tchadien à demander que soit désormais privilégiée l'option de l'extradition de Hissène Habré vers la Belgique pour y être jugé", indique le communiqué cité par l'Agence France Presse.

Le ministre précise qu'il a officiellement notifié cette décision au vice-président de la Commission de l'Union africaine, le 21 juillet à Addis Abeba.

Le 8 juillet, le gouvernement sénégalais avait annoncé son intention de renvoyer par avion spécial l'ancien président tchadien, exilé depuis 1990 à Dakar, vers son pays où il a été condamné à mort par contumace, en août 2008.

Deux jours plus tard, le Sénégal était revenu sur sa décision, sous la pression notamment de la Haut commissaire pour les droits de l'homme de l'ONU, Navanethem Pillay, qui avait exhorté Dakar à "revoir sa décision" de renvoyer Hissène Habré dans son pays. Cette expulsion aurait constitué, selon elle, "une violation du droit international".

Le 10 juillet, le ministère des Affaires étrangères de Belgique avait officiellement proposé qu'il soit extradé et jugé à Bruxelles, d'où un mandat d'arrêt international a été émis en 2005 à l'encontre de M.Habré, à la suite d'une plainte déposée en novembre 2000 par des victimes tchadiennes vivant sur le sol belge.

C'est également la position prise par les ONG de défense des droits de l'homme, qui se battent depuis vingt ans pour que soit jugé Hissène Habré. Elles l'accusent d'avoir couvert et ordonné des assassinats politiques et des tortures alors qu'il dirigeait le Tchad, entre 1982 et 1990.

"Des documents de la police politique de Habré, découverts par Human Rights Watch, ont révélé les noms de quelques 1 208 personnes exécutées ou décédées dans les geôles de la dictature. Les documents retrouvés font état de 12 321 victimes de violations des droits de l'homme. Une Commission d'Enquête tchadienne a également constaté que 

Habré avait vidé les caisses de l'État avant de fuir vers le Sénégal", précisait la coalition des ONG dans un communiqué en date du 9 juin dernier.

A cette même date, constatant l'absence de volonté politique du Sénégal de juger Hissène Habré, les ONG avaient  demandé qu'il soit jugé en Belgique, en dépit de leur souhait affiché de le voir juger sur le continent africain.

"Nous estimons que l'extradition de Hissène Habré vers la Belgique constitue l'option la plus tangible, la plus réaliste et la plus opportune pour s'assurer que Hissène Habré réponde des accusations portées contre lui dans le cadre d'un procès juste et équitable", a déclaré le 9 juillet à l'agence Hirondelle Reed Brody, le conseiller juridique de l'organisation Human Rights Watch.

L'actuel président tchadien Idriss Deby Itno est considéré comme un ennemi politique personnel d'Hissène Habré, dont il a provoqué la chute en 1990.

FP/GF

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