De fortes pluies ont fait 17 morts et provoqué l'effondrement de milliers de maisons dans la petite ville d'Abou Hamad, dans le nord-est du Soudan ravagé par près de seize mois de guerre, a rapporté mardi une source médicale à l'AFP.
"Le nombre de victimes est passé à 17", a déclaré une source médicale travaillant au sein de l'hôpital d'Abou Hamad, dans l'Etat du Nil, à quelque 400 km au nord de Khartoum.
"Il n'y a plus d'électricité dans la ville et les gens passent la nuit dehors, redoutant de nouvelles précipitations", a-t-il ajouté.
Quelque 11.500 maisons se sont effondrées, a déclaré à des journalistes le ministre de l'Infrastructure de l'Etat Samir Saad, et au moins 170 personnes ont été blessées.
"De fortes pluies ont provoqué l'effondrement de la plupart des maisons et tous les magasins du marché se sont écroulés", a affirmé un témoin joint par l'AFP au téléphone.
De fortes pluies tombent habituellement au Soudan entre mai et octobre. Le pays fait alors face à de graves inondations qui endommagent les habitations, les infrastructures et les récoltes.
La semaine dernière déjà, elles ont fait cinq morts à Port-Soudan, dans l'est côtier.
Des dizaines de personnes ont également été blessées et plus de 5.000 habitations ont été touchées.
Selon les Nations unies, ces phénomènes ont provoqué le déplacement de plus de 21.000 personnes depuis le mois de juin, la plupart dans des régions déjà éprouvées par de violents combats.
A l'approche de la saison des pluies, les organisations humanitaires ont averti du risque que des régions entières soient isolées.
Chaque année, les précipitations et inondations font de nombreuses victimes, directement ou indirectement à cause des maladies favorisées par l'humidité.
Les dégâts devraient être particulièrement importants cette année, après près de seize mois de guerre ayant gravement endommagé les infrastructures et contraint des millions de déplacés à se réfugier dans des zones inondables.
Cette guerre oppose depuis avril 2023 l'armée, dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhane, aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) de son ex-adjoint, le général Mohamed Hamdane Daglo.
Les deux camps ont été accusés de crimes de guerre, pour avoir visé délibérément des civils et bloqué l'aide humanitaire, dans ce conflit qui a fait des dizaines de milliers de morts et provoqué le déplacement de plus de 10 millions de personnes, selon l'ONU.
