L'émissaire américain pour le Soudan a demandé mardi aux belligérants d'appliquer un code de conduite pour mettre fin aux abus, déclarant que l'armée soudanaise examinait la proposition qui a été acceptée par les paramilitaires.
Des discussions sur le Soudan ont pris fin vendredi en Suisse sans accord de cessez-le-feu mais avec l'engagement pris par les belligérants de garantir un accès sûr et sans entrave aux humanitaires sur deux routes clés.
Les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), accusés de nombreux abus notamment au Darfour, ont accepté un code de conduite dans lequel ils s'engagent à ne pas commettre de violences à l'encontre des femmes et à ne pas détruire les récoltes.
"Ces nouveaux engagements doivent se refléter dans les actes des FSR sur le terrain, qui ont commis des actes de nettoyage ethnique et des crimes contre l'humanité depuis le début de la guerre contre les civils soudanais", a déclaré lundi le secrétaire d'Etat Antony Blinken dans un communiqué.
Tom Perriello, le négociateur américain sur le Soudan, a affirmé que les Etats-Unis avaient également présenté la proposition à l'armée soudanaise qui, contrairement aux FSR, ne s'est pas présentée aux pourparlers en Suisse.
"Ils ont le code de conduite sous les yeux. Nous espérons obtenir une réponse de leur part dans les prochains jours", a déclaré mardi M. Perriello aux journalistes.
"L'objectif n'est pas d'obtenir une signature sur un bout de papier", a-t-il dit.
"Il s'agit de faire en sorte que les comportements changent pour que le viol et l'esclavage sexuel ne soient plus utilisés comme arme de guerre, pour que l'exploitation et le harcèlement aux points de contrôle ne soient plus pratiqués et pour que les zones civiles, y compris les hôpitaux et les habitations, ne soient plus bombardées sans discernement", a ajouté l'émissaire.
La guerre au Soudan oppose depuis avril 2023 l'armée, dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhane, aux paramilitaires des FSR de son ex-adjoint, le général Mohamed Hamdane Daglo.
Le conflit a fait des dizaines de milliers de morts et provoqué le déplacement de plus de dix millions de personnes, selon l'ONU.
