"L'ONU nous a trahis", accuse un ambassadeur israélien

L'ONU accable Israël de critiques disproportionnées et injustes depuis le 7 octobre, trahissant le pays alors qu'il fait face à sa plus grande catastrophe, a affirmé à l'AFP le nouvel ambassadeur israélien auprès de l'organisation à Genève.

"Nous avons le sentiment que l'ONU a trahi Israël", a-t-il accusé dans un entretien.

"Elle a trahi Israël, au pire moment, au pire événement qui soit arrivé à l'État d'Israël depuis sa création en 1948", a ajouté Daniel Meron, qui a pris ses fonctions en juillet en tant qu'ambassadeur israélien auprès des Nations unies à Genève.

Israël accuse divers organes de l'ONU de partialité depuis des décennies. Mais malgré ces critiques, "nous avons essayé de trouver un moyen de travailler avec l'ONU", a souligné le haut diplomate.

"Nous aurions voulu continuer de la sorte", a-t-il dit, mais "nous n'avons plus confiance en l'ONU".

Tout a changé, a-t-il expliqué, après l'attaque meurtrière du 7 octobre perpétrée par le mouvement islamiste palestinien Hamas en Israël et qui a déclenché une riposte dévastatrice dans la bande de Gaza ainsi qu'une escalade des tensions entre le Hezbollah libanais et Israël, faisant craindre un conflit régional à grande échelle.

Depuis, divers organes, responsables et experts de l'ONU dénoncent la disproportion des moyens employés lors des représailles militaires israéliennes à Gaza, certains d'entre eux accusant le pays de commettre des "crimes de guerre" et un "génocide".

Les actions "barbares" du Hamas sont beaucoup moins condamnées, a déploré M. Meron, qui dénonce "l'équivalence morale" qui est établie entre Israël et "une organisation terroriste".

- "Où était le monde ?" -

L'ambassaseur a également dénoncé le concert de condamnations onusiennes face à l'escalade des frappes israéliennes visant le Hezbollah au Liban. Ces frappes ont tué des centaines de personnes en quelques jours, selon le ministère libanais de la Santé.

"Où était le monde pendant 12 mois ?" a demandé M. Meron, soulignant que les échanges de tirs transfrontaliers entre le Hezbollah et Israël sont quasi-quotidiens depuis le 7 octobre, empêchant 70.000 Israéliens de rentrer chez eux dans le nord d'Israël.

"La vie dans le nord d'Israël doit redevenir ce qu'elle était", a-t-il dit. Il a également réaffirmé qu'Israël "fait tout ce qui est possible pour éviter" de frapper des civils, accusant toutefois le Hezbollah de les "utiliser comme boucliers humains".

"Ils veulent que nous ripostions et que nous touchions des civils afin que l'on puisse nous reprocher d'avoir tué des civils", a-t-il assuré.

L'attaque du 7 octobre du Hamas a entraîné la mort de 1.205 personnes, majoritairement des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur les chiffres officiels israéliens qui inclut les otages morts ou tués en captivité à Gaza.

Sur les 251 personnes enlevées, 97 sont toujours à Gaza dont 33 déclarées mortes par l'armée.

Israël a lancé en représailles une offensive à Gaza qui a fait jusqu'à présent 41.495 morts, en majorité des civils, selon les données du ministère de la Santé du gouvernement du Hamas, jugées fiables par l'ONU. Elle y a aussi provoqué un désastre humanitaire.

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