Le Soudan accuse les Emirats de jouer un "rôle clé", avant une audience de la CIJ

Le Soudan a accusé mercredi les Emirats arabes unis de "jouer un rôle clé" dans la guerre, à la veille d'une audience de la Cour internationale de justice sur des accusations de complicité de génocide au Darfour visant les autorités émiraties.

Les Emirats arabes unis "ont joué un rôle clé dans l'escalade du conflit au Soudan. Ils ont commis des actes contraires à l'humanité et des crimes pouvant entraîner des poursuites internationales", a déclaré le ministre de l'Information et porte-parole du gouvernement soudanais, Khalid al-Aiser.

Depuis avril 2023, la guerre fait rage au Soudan entre les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), dirigés par le général Mohamed Hamdane Daglo, et l'armée du général Abdel Fattah al-Burhane.

Le conflit a fait plusieurs dizaines de milliers de morts et déraciné 12 millions de personnes, provoquant une crise humanitaire majeure selon l'ONU.

Jeudi, la CIJ doit tenir des audiences à la suite d'une requête déposée par le Soudan contre Abou Dhabi, qu'il accuse d'être "complice d'un génocide" au Darfour-Occidental, dans l'ouest du pays.

Le Soudan soutient que les Emirats arabes unis sont "complices du génocide des Massalits", une communauté non arabe, en raison de leur soutien présumé aux paramilitaires.

Les Emirats, qui nient soutenir les FSR, ont dénoncé la plainte du Soudan, déposée le 5 mars, comme un "coup de communication" et estiment que la CIJ devrait rejeter la demande de Khartoum.

Le Soudan a appelé la CIJ, qui statue sur les différends entre pays, à émettre des ordonnances d'urgence - des "mesures provisoires" dans le vocabulaire de la cour - notamment pour forcer les Emirats à payer des réparations.

Le porte-parole du gouvernement a déclaré mercredi que Khartoum disposait de "preuves suffisantes" pour étayer ses accusations.

Les décisions de la CIJ, la plus haute juridiction des Nations unies, sont juridiquement contraignantes, mais la cour n'a pas le pouvoir de les faire appliquer.

Khartoum a exhorté la cour à agir rapidement "pour assurer la protection urgente et la plus complète possible de la population civile soudanaise qui reste exposée à un risque grave et immédiat de poursuite et de nouveaux actes de génocide".

"Les Émirats arabes unis alimentent la rébellion et soutiennent la milice qui a commis le crime de génocide au Darfour-Occidental", est-il écrit dans la requête du Soudan.

Des experts des Nations unies avaient déclaré dans un rapport en janvier 2024 que les pistes selon lesquelles les Emirats auraient acheminé des armes aux FSR via le Tchad, frontalier de la région du Darfour, étaient "crédibles".

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