Syrie: le mandat de la commission d'enquête sur les massacres d'alaouites prorogé (présidence)

La présidence syrienne a indiqué jeudi proroger de trois mois le mandat de la commission nationale chargée d'enquêter sur les massacres qui ont eu lieu en mars dans le berceau de la communauté alaouite dont est issu le clan Assad.

Début mars, les régions du littoral dans l'ouest de la Syrie ont été le théâtre des pires tueries depuis la prise du pouvoir début décembre par une coalition dirigée par des islamistes.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), plus de 1.700 civils, en grande majorité des alaouites, ont été tués. Les forces de sécurité, des groupes armés alliés ou des jihadistes étrangers ont été rendus responsables.

La décision a été prise "après examen du rapport préliminaire de la commission nationale chargée d'enquêter sur les évènements de la côte syrienne (...) et après étude de la demande de prolongation soumise par la commission, en raison de la nécessité de finaliser ses travaux conformément aux normes approuvées", a indiqué la présidence dans un communiqué.

Elle a ajouté que le mandat était prorogé "pour une durée supplémentaire de trois mois, non renouvelable" et que "la commission remettra son rapport final à la date prévue".

Le 5 avril, le gouvernement syrien nouvellement formé avait assuré qu'il "étudiait de près" un rapport d'Amnesty International l'exhortant à enquêter sur les massacres, et les "conclusions préliminaires qu'il contient".

"Il appartient à la commission nationale indépendante d'enquête et d'établissement des faits de les évaluer, conformément au mandat, à l'indépendance et aux vastes pouvoirs qui lui ont été conférés par décret présidentiel", avait-t-il ajouté.

Damas a accusé les partisans armés de l'ex-président Bachar al-Assad d'avoir déclenché les violences en attaquant les nouvelles forces de sécurité.

Le président par intérim Ahmad al-Chareh a promis de poursuivre les responsables et formé une commission d'enquête indépendante mi-mars, mais des exécutions sommaires et actes de vendetta ont régulièrement lieu d'après l'OSDH.

Le 25 mars, la commission avait annoncé avoir déjà entendu des dizaines de témoignages et poursuivre son travail, estimant toutefois qu'il était encore trop tôt pour "révéler des détails" et que la région demeurait dangereuse car "des personnes impliquées dans des crimes contre l'humanité s'y trouvent toujours en liberté".

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