Le fils de l'ancien chah d'Iran, qui se dit prêt à mener une transition démocratique dans son pays, a déclaré vendredi être convaincu que la République islamique allait tomber face aux manifestations de masse et a appelé à des frappes "chirurgicales" contre les Gardiens de la révolution.
"La République islamique va tomber, ce n'est pas une question de +si+, mais de +quand+", a affirmé Reza Pahlavi lors d'une conférence de presse à Washington.
"Ce régime est à bout de souffle, il est sur le point de s'effondrer", a-t-il déclaré.
Le responsable, qui vit en exil aux Etats-Unis, assure être prêt à mener une transition démocratique en Iran, disant avoir élaboré "un plan pour les 100 premiers jours suivant la chute du régime, ainsi que pour la reconstruction et la stabilisation à long terme de notre pays", promettant par ailleurs une normalisation avec Israël.
"Je vais retourner en Iran", a-t-il encore affirmé, ajoutant considérer être "le seul à pouvoir garantir une transition stable".
"Aujourd'hui, alors que mes compatriotes font appel à moi pour prendre les rênes, je réaffirme l'engagement que j'ai pris toute ma vie en prenant la tête du mouvement qui permettra de reprendre notre pays aux forces hostiles anti-iraniennes qui l'occupent et tuent ses enfants", a-t-il dit.
Héritier du trône du chah d'Iran, Reza Pahlavi, 65 ans, vit en exil aux Etats-Unis depuis la révolution de 1979, qui a renversé son père. Il s'érige aujourd'hui en figure de ralliement dans le mouvement de contestation secouant son pays.
Son nom est revenu dans les cortèges depuis le 28 décembre, date du début des manifestations, avec le slogan "Pahlavi bar migarde!" ("Pahlavi va revenir!").
L'ancien prince héritier, qui assure depuis longtemps ne pas revendiquer le trône, reste cependant une figure clivante, y compris au sein de l'opposition iranienne, très divisée.
"Le peuple iranien prend des mesures décisives sur le terrain. Il est maintenant temps que la communauté internationale se joigne pleinement à lui", a-t-il ajouté.
La vague de protestation en Iran a pour l'instant été étouffée par une violente répression qui a fait des milliers de morts, selon des experts et des ONG, une semaine après le début d'imposantes manifestations contre le pouvoir, parmi les plus importantes depuis la proclamation de la République islamique en 1979.
- Appel à Macron -
"Il ne s'agit plus d'une simple répression, mais d'une occupation étrangère vêtue de robes cléricales", a déclaré M. Pahlavi.
"Ali Khamenei (le guide suprême iranien) et ses sbires ont commis des crimes de masse contre le peuple iranien et contre l'humanité tout entière", selon lui.
Il a appelé la communauté internationale à "protéger le peuple iranien en affaiblissant la capacité répressive du régime", en menant notamment des "frappes chirurgicales" contre les dirigeants des Gardiens de la révolution islamique et leur infrastructure de commandement et de contrôle.
Donald Trump a menacé à plusieurs reprises d'intervenir contre la répression meurtrière du gouvernement iranien à l'encontre des manifestants, assurant que "l'aide (était) en route".
Mais le président américain s'est gardé pour le moment d'agir, affirmant même mercredi avoir été informé "par des sources très importantes" que "les tueries (avaient) pris fin" en Iran et que les exécutions prévues de manifestants n'auraient finalement "pas lieu".
Interrogé à ce sujet M. Pahlavi a répondu: "Je crois que le président Trump est un homme de parole et qu'il finira par se ranger du côté du peuple iranien, comme il l'a dit".
S'adressant au président français, Emmanuel Macron, dont la réponse face à la répression en Iran a pu être jugée timorée, M. Pahlavi l'a incité à envoyer "un message clair" de soutien aux Iraniens.
"Le choix est très simple à faire, et je conseille au président français, si je peux me permettre, d'écouter l'appel de millions d'Iraniens qui se tournent vers le monde libre et disent: +Que dites-vous, êtes-vous avec nous? Et j'espère que le président français dira finalement qu'il se range aux côtés du peuple iranien", a-t-il dit.

