Quelle attitude adopter face à la transidentité? Sans donner de directives, la Fédération protestante de France (FPF) publie vendredi ses "réflexions et recommandations" sur ce sujet éthique "difficile".
Sur 80 pages, ce document, dont la rédaction a demandé trente mois, expose des témoignages et des réflexions sur les aspects légaux, médicaux et théologiques de la transition de genre.
Il s'agit de "dépasser les avis tranchés" et d'"apporter une parole protestante bienveillante", sans toutefois "chercher à assener à autrui une vérité dont nous serions détenteurs" explique la commission éthique et société de la FPF.
Car "le protestantisme est en mesure de se saisir d'un sujet éthique difficile, d'en montrer les enjeux sans chercher à assener à autrui une vérité dont nous serions détenteurs", ajoute le texte.
Reconnaissant "l'importance du prénom pour les personnes", le rapport recommande "l'accueil de la personne telle qu'elle souhaite être nommée".
Il souligne "l'importance de l'écoute des enfants" et invite à la "prudence" et la "patience" dans l'accompagnement.
Concernant les adolescents, le changement de prénom et d'habillement devraient être essayés "avant tout traitement irréversible, afin de préserver la liberté de l'adulte en devenir", ajoute le texte.
Le rapport ambitionne ainsi d'apporter "un éclairage éthique et biblique nuancé, reflétant la pluralité du protestantisme français" -- allant des évangéliques, souvent conservateurs, aux luthéro-réformés, généralement plus progressistes sur les sujets sociétaux.
Ces divergences se manifestent notamment sur la question du corps, qui doit faire l'objet de "respect et prudence", rappelle le rapport. Ainsi certains voient dans les interventions chirurgicales ou hormonales "une forme de violence" tandis que d'autres pensent que la foi chrétienne "n'empêche nullement les personnes souffrant d'incongruence de genre de conduire leur transition".
Le rapport rappelle la nécessité de "prendre en compte la souffrance des personnes concernées", et préconise "accueil" et "écoute véritable".
"Nous refusons aussi bien la guerre des sexes, que la guerre des sexualités et la guerre des genres" et "nous condamnons la haine que peuvent subir les minorités sexuelles ou de genre", martèle le texte qui affirme que "tous, quelle que soit notre identité de genre, sommes aimés de Dieu".

