Un tribunal militaire de Bakou a condamné jeudi à des peines allant de vingt ans d'emprisonnement à la réclusion à perpétuité plusieurs dirigeants séparatistes arméniens du Karabakh, ont rapporté les médias azerbaïdjanais.
Araïk Haroutiounian, qui a dirigé le gouvernement séparatiste du Karabakh de mai 2020 à septembre 2023, "a été condamné à la prison à perpétuité par le tribunal militaire de Bakou", a indiqué l'agence de presse étatique Azertag.
Il a été reconnu coupable "d'avoir mené une guerre d'agression, de génocide, de terrorisme et d'autres infractions" liées au contrôle du Karabakh par l'Arménie pendant des décennies, selon la même source.
Cette région contestée est reconnue internationalement comme faisant partie de l'Azerbaïdjan mais a été contrôlée pendant trois décennies par des séparatistes arméniens.
Bakou a repris partiellement l'enclave lors d'une nouvelle guerre à l'automne 2020, puis entièrement lors d'une offensive éclair en septembre 2023.
Plusieurs dirigeants sécessionnistes avaient été arrêtés dans la foulée, alors que l'ensemble de la population arménienne de la région, plus de 100.000 personnes, s'est réfugiée en Arménie.
Deux autres figures séparatistes, Arkadi Ghoukassian et Bako Sahakian - ayant respectivement exercé les fonctions de président séparatiste du Karabakh de 1997 à 2007 et de 2007 à 2020 - ont été "condamnés à 20 ans de prison, une peine de réclusion à perpétuité ne pouvant être prononcée car ils avaient atteint l'âge de 65 ans".
L'ex-président du parlement du Karabakh Davit Ichkhanian, l'ex-ministre des Affaires étrangères du Karabakh Davit Babaïan et le général des forces armées arméniennes Davit Manoukian ont eux été condamnés à la perpétuité pour des chefs d'accusation identiques.
Deux procès, l'un visant 15 anciens responsables, l'autre visant Rouben Vardanian, un autre dirigeant séparatiste ayant dirigé la région entre novembre 2022 et février 2023, - se sont ouverts à Bakou en janvier 2025.
Les audiences se sont en grande partie tenues à huis clos.
Le ministère arménien des Affaires étrangères a indiqué qu'il engagerait "toutes les démarches possibles", y compris des actions auprès de la justice internationale, pour protéger les droits des personnes jugées à Bakou.

