Venezuela : la loi d'amnistie ne comprendra pas les "violations graves des droits de l'homme", selon un texte de présentation

La loi d'amnistie générale promise par la présidente par intérim Delcy Rodriguez, sous pression américaine après la capture de Nicolas Maduro, ne comprendra pas "les violations graves des droits de l'Homme", selon le texte de présentation de la loi, au programme de l'Assemblée nationale jeudi.

"Sont exclus les crimes et délits qui, par leur nature, portent atteinte à l'éthique et à la dignité humaines, tels que les violations graves des droits de l'homme, les crimes contre l'humanité, les crimes de guerre, l'homicide intentionnel, la corruption et le trafic de stupéfiants", selon le texte, qui sera lu à l'ouverture de la séance prévue à 12h00 (16H00 GMT).

La Cour pénale internationale a ouvert une enquête sur de possibles crimes de ce type sous la présidence de Maduro.

"L'amnistie générale proposée vise la justice et la coexistence", selon le texte, qui souligne "l'importance de ne pas imposer la vengeance, la revanche ni la haine, mais d'ouvrir une voie vers la réconciliation".

La présidente a promis une loi couvrant la période depuis l'élection du feu président Hugo Chavez en 1999 mais l'étendue de la future amnistie reste inconnue.

Depuis début janvier, quelque 350 prisonniers politiques ont été libérés, selon l'ONG Foro Penal. Près de 700 restent encore incarcérés et des dizaines de familles continuent à camper devant les prisons attendant la libération de leurs proches.

L'amnistie permettra notamment aux prisonniers politiques d'être libres de toutes poursuites, alors que les détenus libérées ces dernières semaines restaient sous contrôle judiciaire.

"Ce que nous souhaitons, c'est que cette loi envoie un message puissant, fort, de la volonté d'un nouveau moment politique", a affirmé mercredi soir le président de l'Assemblée nationale Jorge Rodriguez, frère de la présidente. "Nous espérons parvenir à un consensus pour que la loi d'amnistie soit approuvée à l'unanimité", a-t-il ajouté.

Après celle de 2007, il s'agira de la deuxième amnistie depuis qu'Hugo Chavez, le mentor de M. Maduro, avait accédé au pouvoir en 1999.

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