Des membres du clergé philippin ont déposé lundi une plainte en destitution pour malversations contre Sara Duterte, la troisième visant la vice-présidente du pays en un peu plus d'une semaine.
La fille de l'ancien président Rodrigo Duterte avait été mise en accusation par la Chambre des représentants l'an dernier, avant que la Cour suprême du pays n'annule la procédure.
Un verdict de culpabilité empêcherait Mme Duterte de faire de la politique et la disqualifierait d'une éventuelle candidature à l'élection présidentielle de 2028.
Les auteurs de la plainte déposée lundi accusent Mme Duterte d'avoir escroqué les contribuables d'au moins 10 millions de dollars alors qu'elle était vice-présidente et ministre de l'Éducation.
"Ce n'est pas politique, nous ne sommes pas des politiciens", a déclaré le révérend Joselito Sarabia, frère catholique et l'un des plaignants, à des journalistes devant le bâtiment de la Chambre.
"Nous pensons qu'il y a un enjeu moral", a-t-il ajouté, disant qu'il était temps que Sara Duterte "réponde à toutes les accusations".
La plainte cite également une présumée menace de mort contre le président Ferdinand Marcos, proférée lors d'un point de presse nocturne à propos de laquelle Mme Duterte a depuis affirmé avoir été mal interprétée.
La semaine dernière, des dirigeants de la société civile philippine et des membres d'une coalition de gauche ont déposé séparément des plaintes similaires de destitution contre Mme Duterte.
Elles ont été déposées quelques jours avant que la commission de la justice de la Chambre n'écarte deux plaintes en destitution visant le président Marcos, estimant qu'elles manquaient de substance pour aller de l'avant.
Des analystes interrogés par l'AFP avaient indiqué que la procédure contre le président avait peu de chances de réussir, compte tenu du soutien dont il bénéficie parmi les députés.
Anciens alliés, M. Marcos et Mme Duterte sont engagés dans une lutte politique qui a éclaté quelques semaines après leur victoire écrasante commune à l'élection présidentielle de 2022.
Les partisans de Mme Duterte croient généralement que M. Marcos a orchestré l'arrestation de son père, l'ex-président Rodrigo Duterte (2016-2022), et son transfert ultérieur à la Cour pénale internationale (CPI) aux Pays-Bas pour répondre d'accusations liées aux homicides commis lors d'une répression brutale contre la drogue.

