Un important dispositif de sécurité était déployé près de la prison centrale de Conakry après que des tirs nourris "d'armes automatiques" ont retenti mardi matin à Kaloum, le centre administratif de la capitale où se situe également la présidence, selon un journaliste de l'AFP et des témoins.
On ignore les raisons de ces coups de feu dans ce pays d'Afrique de l'Ouest dirigé d'une main de fer par le général Mamadi Doumbouya, arrivé au pouvoir par un coup d'Etat en 2021 et élu à la tête de la Guinée lors d'une présidentielle sans opposant d'envergure en décembre.
"J'ai entendu des bruits de véhicules qui roulaient à vive allure, je me suis précipité vers la fenêtre et j'ai entendu des tirs d'armes automatiques", a raconté à l'AFP Thierno Baldé, un expert comptable qui travaille dans le quartier.
Plusieurs riverains et témoins contactés par l'AFP affirment que les tirs ont commencé peu avant 09H00 (locale et GMT) et duré un peu plus d'une demi-heure.
L'accès à la commune de Kaloum a été fermé suite à ces tirs avant d'être rouvert en fin de matinée.
Un dispositif sécuritaire composé de policiers et de militaires des forces spéciales fermait l'accès à la route menant à la prison mardi en fin de matinée, a constaté un journaliste de l'AFP.
Trois blindés des forces spéciales étaient visibles devant la prison.
Selon le journaliste de l'AFP, trois ambulances ont quitté la prison centrale en fin de matinée.
- "Débandade" -
Une habitante du quartier, dont le domicile se trouve à côté de la prison explique qu'il "y a eu des tirs à l'intérieur et il y a eu une débandade".
La situation semblait s'être calmée en milieu de matinée selon cette même habitante qui parle d'une "accalmie".
"Nous sommes arrivés (en voiture) au niveau de la prison, nous avons entendu des tirs et puisqu'il y avait un embouteillage nous nous sommes précipités chacun de notre côté pour fuir", a raconté à l'AFP Abdouramane Doukouré, fonctionnaire à la retraite.
Kaloum, situé sur une péninsule, est le siège de la présidence, du gouvernement, des institutions, du quartier général de l'armée mais aussi de la prison centrale.
Dans cette même prison, un commando lourdement armé avait extrait l'ancien dictateur guinéen Moussa Dadis Camara après des échanges de tirs nourris en novembre 2023, faisant plusieurs morts.
Lui et trois autres anciens responsables avaient été extraits de prison alors qu'ils attendaient leur jugement pour leurs rôles dans un massacre perpétré en 2009 sous la présidence de M. Camara (2008-2010).
Moussa Dadis Camara a par la suite été rattrapé et condamné en juillet 2024 à 20 ans de prison pour crimes contre l'humanité. Il a finalement été gracié pour "raison de santé" par le président Doumbouya en mars 2025.
La Guinée, qui a principalement connu depuis son indépendance de la France en 1958 des régimes autoritaires, est dirigée par le président Mamadi Doumbouya depuis 2021.
Sous la présidence de M. Doumbouya, plusieurs partis politiques ont été suspendus, les manifestations - interdites depuis 2022 - sont réprimées et de nombreux dirigeants de l'opposition et de la société civile ont été arrêtés, condamnés ou poussés à l'exil.
Les nouvelles de disparitions forcées et d'enlèvements se sont aussi multipliées.
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