Berlinale: l'accusation de complicité de "génocide" à Gaza émeut la classe politique

Le ministre allemand présent à la cérémonie de clôture de la Berlinale a quitté la salle quand un réalisateur primé a accusé l'Allemagne d'être "complice du génocide commis à Gaza par Israël", a confirmé dimanche son ministère à l'AFP.

Le ministre social-démocrate de l'Environnement Carsten Schneider a quitté la remise des prix, samedi soir, "pendant le discours" d'Abdullah Al-Khatib en raison de propos "inacceptables", a justifié le ministère.

Récompensé pour son film "Chronicles from the Siege", le réalisateur syro-palestinien Abdullah Al-Khatib a accusé le gouvernement allemand d'être "complice du génocide commis à Gaza par Israël".

M. Carsten était "le seul représentant du gouvernement" présent, même si sa participation n'avait pas de caractère "officiel", précise le ministère à la demande de l'AFP.

Le ministère de la Culture, contacté par l'AFP pour connaître le motif de l'absence de son ministre Wolfram Weimer, n'a pas répondu dans l'immédiat.

Dans une réaction au journal Bild, l'ambassadeur d'Israël Ron Prosor a salué la "clarté morale" de Carsten Schneider et estimé que le festival ruinait sa réputation "s'il se transforme en tribune pour les ennemis d'Israël".

Un responsable du camp conservateur du chancelier Fredrich Merz, le député Alexander Hoffmann, a lui fustigé sur X des "scènes répugnantes" relevant de "l'antisémitisme" lors de la cérémonie.

"Les accusations de génocide, les dérapages antisémites et les menaces contre l'Allemagne à la Berlinale sont absolument inacceptables", a déclaré M. Hoffmann, chef de la CSU (Union chrétienne-sociale), le parti bavarois allié de la CDU (Union chrétienne-démocrate), au Bundestag.

"La haine d'Israël affichée ouvertement est en contradiction directe avec ce que représente ce festival", a réagi auprès de Bild le maire CDU de Berlin Kai Wegner, fustigeant les artistes qui se "mettent en scène comme des militants pro-palestiniens".

Le festival a connu une 76e édition crispée, traversée par un débat sur le positionnement (géo)politique ou non des cinéastes, avec le conflit au Proche-Orient en toile de fond.

Plus de 80 professionnels du cinéma ont critiqué dans une lettre ouverte le "silence" de la Berlinale sur la guerre à Gaza, accusant le festival de censurer les artistes "qui rejettent le génocide" commis selon eux par Israël à Gaza.

Au début de la cérémonie, la directrice du festival, Tricia Tuttle, avait défendu que la Berlinale ne pouvait pas résoudre les conflits du monde, mais pouvait en revanche "créer un espace pour la complexité" et "l'écoute".

pyv/cls

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