Plusieurs associations de victimes bosniaques de la guerre des années 1990 ont demandé samedi à la justice internationale à ne pas autoriser le transfert vers la Serbie de l'ancien chef militaire serbe bosnien, Ratko Mladic, condamné pour génocide, pour y être soigné.
Le général Mladic, condamné définitivement à la prison à perpétuité en 2021 et qui purge sa peine dans le centre de détention d'un tribunal de l'ONU à la Haye, serait dans un état "dramatiquement mauvais", selon sa famille, après avoir subi le 10 avril un accident vasculaire cérébral.
Son avocat a formellement demandé vendredi au Mécanisme pour les tribunaux pénaux internationaux (MTPI) à la Haye d'autoriser sa mise en liberté provisoire, afin qu'il soit soigné dans un hôpital à Belgrade, a déclaré aux médias son fils Darko Mladic.
Se disant "profondément préoccupées par les récentes demandes de mise en liberté provisoire d'un criminel de guerre condamné", cinq associations de victimes bosniaques (musulmanes) ont demandé samedi à la présidente du (MTPI), Graciela Gatti Santana de rejeter cette requête, soutenue par le gouvernement serbe.
"Pour les familles des victimes (...), une éventuelle sortie de Ratko Mladic en dehors du système de surveillance international constituerait une profonde injustice et un traumatisme supplémentaire", écrivent les représentants de ces associations, dont celle des mères de Srebrenica.
"Un tel acte serait perçu comme une humiliation pour les victimes et une atteinte à la crédibilité de la justice internationale", affirment les signataires, ajoutant que Ratko Mladic a échappé "pendant des années à la justice avec justement le soutien des autorités de l'Etat vers lequel son transfert est demandé".
Agé de 84 ans, d'après des documents judiciaires de l'ONU, Ratko Mladic a été arrêté en Serbie en 2011 après seize ans de cavale.
Il a été condamné en 2017 à la perpétuité pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité pendant la guerre de Bosnie, qui a fait près de 100.000 morts entre 1992 et 1995, verdict confirmé en appel en 2021.
Parmi ces crimes, le massacre en juillet 1995 d'environ 8.000 hommes et adolescents bosniaques dans la région de Srebrenica (est).
Il souffre ces dernières années de plusieurs maladies, notamment cardiovasculaires et de problèmes rénaux, et ses avocats avaient déjà plusieurs fois essayé de convaincre le MTPI à autoriser son transfert vers la Serbie.

