Un Franco-Libanais dépose plainte à Paris pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité

Il a perdu sa mère, sa soeur et deux neveux dans des frappes israéliennes sur le sud du Liban: un Franco-Libanais a porté plainte mardi à Paris pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité, a indiqué jeudi une source proche du dossier.

Une partie de la famille de Mohamad H., 42 ans, se trouvait dans un des immeubles résidentiels de Tyr, ville du sud du Liban, touchés par des bombardements israéliens dans la nuit du 16 au 17 avril, quelques minutes avant l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu, raconte la plainte, révélée par Le Monde et franceinfo, que l'AFP a aussi pu consulter.

Sa mère est extraite vivante des décombres mais succombe à ses blessures quelques jours plus tard, à l'âge de 61 ans. Sa soeur de 34 ans, et les enfants de cette dernière, 10 et 4 ans, sont tués.

Se rendant immédiatement au Liban, Mohamad H., qui réside en France, "a personnellement constaté la destruction totale du bâtiment et l'étendue des pertes humaines causées par l'attaque" à Tyr, détaille la plainte.

Ces frappes ont notamment détruit l'immeuble de sa famille, "quelques minutes avant l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu, sans avertissement préalable et sans qu'aucune affectation militaire des lieux n'ait été établie".

C'est la deuxième plainte enregistrée, à la connaissance de l'AFP, en France visant des opérations de l'armée israélienne au Liban après celle d'Ali Cherri, artiste franco-libanais, qui a perdu ses parents dans une frappe israélienne contre un immeuble d'habitation de Beyrouth fin 2024.

Depuis le début de la guerre au Liban, déclenchée le 2 mars 2026 par des tirs du Hezbollah sur le nord d'Israël, en soutien à l'Iran visé par l'offensive américano-israélienne, plus de 4.200 personnes ont été tuées dans des frappes israéliennes, selon les autorités libanaises.

Une trêve annoncée le 17 avril n'a jamais été respectée. Une accalmie a cependant été observée depuis le 21 juin, à la suite de la signature du protocole d'accord irano-américain qui englobe le Liban sur insistance de Téhéran - même si les tirs et frappes n'ont pas complètement cessé.

Cette plainte, déposée contre X, vise "une entreprise militaire israélienne d'une ampleur et d'une systématicité qui excèdent la seule opération" mentionnée.

"Au Sud-Liban, comme partout où la guerre frappe des civils, il faut rappeler une évidence morale et juridique: rien ne justifie le massacre des innocents", déclare à l'AFP l'avocat de Mohamad H., Emmanuel Daoud, soulignant que "le droit international humanitaire n'est pas une option".

"La sécurité légitime de l'Etat d'Israël et de sa population ne peut pas se construire sur les ruines, sur les corps et les larmes du peuple libanais. Il faut que ce massacre et l'impunité cessent. Maintenant !", exhorte Me Daoud.

Le Liban a signé le 26 juin sous l'égide de Washington un accord-cadre avec Israël en vue de parvenir à une "paix durable", un texte violemment contesté par le Hezbollah pro-iranien.

clw-abo/asl/hj

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