Chine: l'inflation ralentit en juin sur fond d'accalmie sur l'énergie

L'inflation en Chine a ralenti légèrement en juin, mais davantage qu'attendu, s'établissant à 1% sur un an à la faveur d'une embellie sur les prix de l'énergie grâce à l'accalmie alors en cours au Moyen-Orient.

L'indice des prix à la consommation (CPI), jauge de l'inflation pour les consommateurs dans la deuxième économie mondiale, a ralenti le mois dernier après avoir pointé à 1,2% sur un an en mai, a indiqué jeudi le Bureau national des statistiques (BNS).

Les analystes sondés par l'agence Bloomberg tablaient sur un essoufflement plus limité, à 1,1%. L'inflation reste cependant très en-deçà du niveau cible de 2% fixé par Pékin.

Dong Lijuan, statisticienne du BNS, pointe notamment pour juin un reflux de presque 5% sur un mois des prix de l'essence, ainsi qu'une baisse des prix alimentaires, dont les légumes et le porc.

Le bond inflationniste qu'avait provoqué la guerre en Iran, avec une flambée des cours énergétiques, "a continué de se résorber en juin, dans un contexte de baisse des prix du pétrole et de nombreuses autres matières premières", observe Julian Evans-Pritchard, analyste de Capital Economics.

L'Iran et les Etats-Unis ont négocié puis signé le 17 juin un protocole d'accord pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre Téhéran, entraînant une décrue des cours du pétrole brut.

Des frappes ont cependant repris cette semaine.

Certes, "la récente escalade des tensions pourrait exercer une nouvelle pression à la hausse sur l'inflation à court terme. Mais cet impact devrait néanmoins rester limité à quelques secteurs spécifiques, et l'inflation semble toujours appelée à revenir près de zéro une fois l'approvisionnement en énergie normalisé", estime M. Evans-Pritchard.

Dans le même temps, l'indice PPI des prix à la production, reflet notamment des coûts dans l'industrie, a gonflé de 4,1% sur un an en juin, son rythme de progression le plus important depuis mi-2022, après enregistré +3,9% en mai.

Mais "cette progression s'explique entièrement par des effets de base (liée aux niveaux de 2025). En variation mensuelle, les prix sortie d'usine ont reculé de 0,3%, déclinant dans la plupart des secteurs industriels", insiste Julian Evans-Pritchard.

Ces statistiques sont particulièrement surveillées à l'heure où Pékin entend faire de la consommation intérieure un pilier central de la croissance, s'éloignant des moteurs traditionnels que sont les exportations et l'industrie manufacturière.

Mais la Chine peine à retrouver le dynamisme dont elle faisait preuve avant la pandémie de Covid-19. Elle pâtit des faibles dépenses des ménages, des excédents de production et d'une grave crise de l'immobilier.

Désormais, "le marché se concentre sur les chiffres du commerce extérieur, l'économie chinoise étant fortement tributaire de la croissance des exportations (...) et il guettera des signaux concernant d'éventuelles mesures visant à stabiliser la demande intérieure", complète Zhiwei Zhang, économiste de Pinpoint Asset Management.

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