Les Etats-Unis ont lancé dimanche de nouveaux bombardements contre l'Iran en représailles à la mort de deux militaires dans des frappes en Jordanie, Téhéran continuant de viser en retour ses voisins alliés de Washington.
Les Etats-Unis ont affirmé avoir voulu "punir" avec une huitième nuit consécutive de frappes la mort de deux de leurs militaires lors de frappes iraniennes en Jordanie vendredi, les premiers Américains tués depuis la reprise de la guerre le 7 juillet. Un autre soldat est toujours porté disparu.
Des sites militaires, ainsi que "les forces du Corps des Gardiens de la Révolution islamique qui ont lancé des attaques contre des membres des forces américaines en Jordanie" ont été visés, a affirmé l'armée américaine.
L'Iran a de son côté fait état de frappes sur la ville portuaire de Sirik, donnant sur le détroit d'Ormuz, et d'autres dans la même province méridionale d'Hormozgan, régulièrement ciblée ces derniers jours.
Des frappes ont aussi visé une centrale nucléaire en construction à Darkhovin (sud-ouest), a ensuite affirmé l'Organisation iranienne de l'énergie atomique.
Le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a appelé à la "retenue militaire à proximité de tous les sites liés au nucléaire", tout en soulignant que l'attaque ne présentait pas de "risque radiologique" car l'installation concernée est loin d'être opérationnelle.
Côté alliés des Etats-Unis, l'armée israélienne a annoncé qu'un missile visant Aqaba, port jordanien proche de la ville israélienne d'Eilat, sur la mer Rouge, avait été intercepté par les forces israéliennes et jordaniennes.
Ces dernières ont pour leur part dit avoir "intercepté et abattu trois missiles iraniens" visant le royaume, un quatrième étant "tombé dans une zone désertique".
- Mise en garde d'Israël -
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a ensuite prévenu que son pays riposterait de "toutes (ses) forces" s'il était visé par des missiles iraniens, alors qu'Israël n'a pas été impliqué dans la récente reprise des hostilités, contrairement au début de la guerre.
Dans le Golfe, le Koweït et Bahreïn ont aussi dit avoir été visés par des attaques iraniennes dimanche.
Les autorités koweïtiennes ont annoncé qu'une centrale électrique et de dessalement d'eau avait été frappée, provoquant un incendie dans certaines installations. C'est la troisième journée consécutive que de telles installations sont visées dans ce pays.
Les autorités de l'émirat, tout en appelant la population à économiser l'électricité alors que la température a atteint 47°C dimanche, avaient condamné samedi le ciblage de ces "infrastructures essentielles". Le Conseil de coopération du Golfe, qui fédère les pétromonarchies de la région, a dénoncé des "crimes de guerre".
Les sirènes d'alerte ont aussi retenti dimanche à Bahreïn, également visé plusieurs fois par l'Iran depuis que le protocole d'accord signé le 17 juin pour mener à la paix au Moyen-Orient a volé en éclats. Ce pays du Golfe, qui abrite la cinquième flotte de la marine américaine, a accusé Téhéran de s'en prendre à des cibles civiles.
L'Iran a évoqué des frappes sur des bases militaires utilisées par les Américains.
Les bombardements ont atteint un niveau sans précédent depuis le cessez-le-feu conclu en avril pour mettre fin à la guerre déclenchée par l'offensive israélo-américaine sur l'Iran le 28 février, avec notamment des infrastructures civiles ciblées de part et d'autre.
"Maintenant que l'ennemi américain cherche à inciter à la guerre (...), il doit savoir que la chère nation iranienne et le front de la résistance ont des leçons inoubliables à lui offrir", a affirmé samedi le guide suprême iranien, l'ayatollah Mojtaba Khamenei, qui n'est toujours pas apparu en public depuis qu'il a succédé à son père, tué au premier jour de la guerre.
Selon le gouvernement iranien, qui a aussi dénoncé des attaques contre des infrastructures civiles, les frappes américaines ont fait au moins 50 morts et plus de 500 blessés depuis le 27 juin.
Côté américain, 16 militaires au total ont été tués depuis le début du conflit, fin février.
- Poursuite des incidents dans le détroit -
Parallèlement à ces bombardements, des incidents maritimes se succèdent dans le détroit d'Ormuz. Son déverrouillage par l'Iran était le principal acquis du protocole d'accord censé mener à la paix, mais le trafic maritime y est désormais à nouveau pratiquement à l'arrêt.
Dimanche encore, l'Iran a dit avoir stoppé quatre navires qui tentaient de traverser sans son accord, en en "immobilisant" deux tandis que les deux autres avaient préféré rebrousser chemin.
Près d'un cinquième du commerce mondial d'hydrocarbures transitait par ce détroit stratégique avant la guerre.
Les Etats-Unis ont pour leur part réimposé leur blocus des ports iraniens, qu'ils avaient levé après la signature du protocole d'accord.
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