Le gouvernement sud-africain a annoncé lundi avoir demandé un délai auprès de la Cour Pénale Internationale (CPI) pour donner des explications sur la non-arrestation du chef de l'Etat soudanais Omar el-Béchir lorsqu'il était en visite à Pretoria, en juin.
"L'Afrique du Sud a approché la CPI pour avoir plus de temps afin de répondre à leurs demandes", a indiqué le ministère des Affaires Etrangères dans un communiqué.
Pretoria devait initialement remettre aux juges de la CPI avant lundi "ses vues sur les événements entourant la présence d'Omar el-Béchir au sommet de l'Union africaine à Johannesburg les 13, 14 et 15 juin 2015".
Le gouvernement sud-africain affirme avoir besoin de plus de temps pour peaufiner ses arguments en raison "de conflits et de complexité dans le droit international et national".
Lors de sa visite en juin, un tribunal de Pretoria avait interdit à M. Béchir de quitter le territoire dans l'attente d'un jugement définitif mais le gouvernement n'avait pas tenu compte de cet ordre et l'avait laissé reprendre son avion depuis une base militaire, provoquant une vive polémique.
A l'époque, l'Afrique du Sud avait même menacé de quitter la CPI, mais lundi le communiqué publié par le gouvernement écarte cette hypothèse, rappelant que le gouvernement continuait de "coopérer avec la CPI".
L'Afrique du Sud va également demander au conseil politique de la CPI que les règles concernant l'immunité des chefs des Etats qui ne sont pas membres de l'institution soient discutées lors de la prochaine réunion de la Cour, le mois prochain à la Haye.
Omar el-Béchir, inculpé de crimes contre l'humanité, crimes de guerre et génocide dans le conflit au Darfour qui a fait plus de 300.000 morts et deux millions de déplacés, échappe à la justice internationale depuis 2009.
