"Quenelle" au Mémorial de la Shoah: amende réduite à 5.000 euros pour Soral

La cour d'appel de Paris a réduit jeudi à 5.000 euros d'amende la condamnation de l'essayiste d'extrême droite Alain Soral pour la publication d'une photo le montrant au Mémorial de l'Holocauste à Berlin en train de faire une "quenelle".

Il devra en outre verser 15.000 euros de dommages et intérêts à sept associations parties civiles, auxquels s'ajoutent 500 euros à chaque fois pour les frais de justice d'appel.

En première instance, Alain Soral avait été condamné le 12 mai 2015 par le tribunal correctionnel de Paris à 100 jours amende d'un montant unitaire de 100 euros, qui se transforment en emprisonnement s'ils ne sont pas payés, pour injure à caractère racial.

Trois rescapés de la Shoah étaient venus témoigner dans une ambiance très tendue.

Devant la cour d'appel, Alain Bonnet (son vrai nom), dit Soral, qui accumule condamnations et poursuites judiciaires pour des propos antisémites, avait affirmé qu'il en allait de "sa survie financière".

Pour lui, cette "quenelle" à Berlin, immortalisée sur une photo à caractère privé qui aurait été "piratée", mais qu'il a reproduite et commentée sur son site internet, serait un geste "d'insoumission" contre "la manipulation de la souffrance des Juifs par le sionisme international".

Alain Soral "ne peut prétendre que la posture injurieuse qu'il a choisi de prendre dans un lieu consacré à la perpétuation du souvenir des victimes juives exterminées par les nazis et donc emblématique de la souffrance de cette communauté ne serait pas nécessairement comprise comme exprimant son mépris à son égard, et nullement comme le signe d'une opposition idéologique ou politique à l'égard de ceux qui +instrumentaliseraient la Shoah+", a jugé la cour d'appel.

Dans un autre dossier, la cour d'appel l'a condamné à 1.500 euros d'amende pour avoir lancé fin 2013 sur internet un appel aux dons pour payer des condamnations pécuniaires.

Il avait été condamné en première instance à 60 jours amende à 50 euros, soit un total de 3.000 euros.

Il va former un pourvoi en cassation dans chacun de ces deux dossiers, a déclaré à l'AFP son avocat, Me Lahcène Drici.

Le 11 février, poursuivi pour des propos liant homosexualité et pédophilie, citant le nom de l'homme d'affaires Pierre Bergé, la cour d'appel de Paris a confirmé sa condamnation à une amende de 4.000 euros pour complicité de diffamation publique en raison de l'orientation sexuelle et a ordonné le retrait sous astreinte des propos litigieux.

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