Le bureau de l'Assemblée des députés brésiliens a décidé mardi que sa commission d'éthique devait "limiter" l'enquête en cours contre le président de la Chambre basse, Eduardo Cunha, ennemi numéro un de la présidente Dilma Rousseff.
Cette décision favorise M. Cunha, député évangélique et ultra conservateur, qui a accepté en décembre de lancer, à la demande de l'opposition, une procédure de destitution contre la dirigeante de gauche pour maquillage des comptes publics.
C'est M. Cunha qui a présidé dimanche la séance plénière où les députés ont voté pour la destitution de Mme Rousseff et transmis la procédure au Sénat, qui aura le dernier mot.
La décision du bureau de l'Assemblée stipule que la commission d'éthique devra se limiter à analyser l'accusation initiale d'"irrespect à la déontologie parlementaire" contre M. Cunha, qui a menti à la commission parlementaire d'enquête (CPI) sur le scandale Petrobras en 2015, en disant qu'il ne possédait pas de comptes bancaires à l'étranger.
La vaste enquête sur le scandale Petrobras a montré toutefois que M. Cunha possède bien des comptes en Suisse qui auraient été approvisionnés par des pots-de-vin provenant du réseau de corruption monté au sein de la compagnie pétrolière, à hauteur de 5 millions de dollars.
La procédure traîne déjà depuis cinq mois mais M. Cunha est parvenu par plusieurs subterfuges à paralyser les débats de la commission d'éthique sur la cassation de son mandat.
Le parquet l'a pourtant déjà mis en examen pour corruption et blanchiment d'argent, et le 3 mars, la Cour suprême a décidé d'ouvrir un procès contre lui sans en fixer la date.
Le troisième personnage de l'Etat brésilien est devenu ainsi le premier homme politique protégé par son immunité parlementaire à comparaître devant la Cour suprême dans le cadre du scandale de corruption Petrobras, qui a coûté plus de deux milliards de dollars à cette compagnie pétrolière publique.
Au Brésil, la Cour suprême est la seule institution à pouvoir juger les responsables politiques qui jouissent d'une immunité.
