La Serbie, longtemps au ban des nations pour son rôle dans les conflits qui ont déchiré l'ex-Yougoslavie dans les années 1990, négocie désormais son adhésion à l'Union européenne, enjeu au centre des législatives anticipées dimanche.
POLITIQUE: Ce pays des Balkans compte 7,12 millions d'habitants. Avec la diaspora, sept millions de Serbes sont appelés à voter dimanche.
C'est une république parlementaire dont le président est Tomislav Nikolic. Le pouvoir est exercé par le gouvernement.
Le Parlement sortant, qui compte 250 sièges, est dominé par le Parti serbe du progrès (SNS, centre-droit) pro-européen d'Aleksandar Vucic, Premier ministre depuis 2014.
Les autres principales formations sont le Parti socialiste (SPS, gauche), le Parti démocrate (DS, centre-gauche) et le Parti radical (SRS, extrême droite).
Le scrutin se déroule selon un système proportionnel de liste à un tour. Si personne n'obtient la majorité absolue des sièges, des coalitions sont négociées, ce qui est le cas actuellement, le SNS gouvernant avec le SPS.
ECONOMIE: L'économie serbe a été gravement affectée par les sanctions internationales des années 1990 pendant les conflits qui ont conduit à l'éclatement de l'ex-Yougoslavie. Aux périodes de croissance faible (0,7% en 2015), succèdent des récessions.
Le taux de chômage est de 17,9%, le revenu moyen de 360 euros, avec de grosses variations entre grandes villes et campagnes. Les retraites s'élèvent à environ la moitié de cette somme.
La dette publique représente 73,6% du PIB, ce qui fait de la Serbie un Etat moins endetté que la France, l'Espagne ou le Royaume-Uni.
La Serbie s'est engagée, en échange d'1,2 milliard d'euros de crédit du Fonds monétaire international (FMI), à réformer son secteur public qui emploie plus de 700.000 personnes, et à mener à bien le processus de privatisation.
HISTOIRE: La Serbie était la plus grande des six républiques de Yougoslavie, fédération communiste fondée au sortir de la Seconde guerre mondiale et dirigée par le maréchal Tito jusqu'à sa mort en 1980.
Alors que les systèmes communistes s'effondrent, la Yougoslavie se dissout au prix de guerres sanglantes. La Serbie est alors dirigée par l'homme fort de la région, Slobodan Milosevic, mort en 2006. La Slovénie est la première à proclamer son indépendance (1991), suivie de la Croatie et de la Macédoine, puis en 1992 de la Bosnie-Herzégovine.
A la suite d'un conflit avec des indépendantistes albanais (1998-99) et de frappes de l'Otan, la Serbie perd le contrôle de sa province septentrionale, le Kosovo, placée sous administration de l'ONU avant de proclamer unilatéralement son indépendance en 2008.
Dans une fédération réduite à sa plus simple expression, la Serbie reste liée au Monténégro jusqu'en 2006.
En octobre 2000, Milosevic est évincé du pouvoir et la Serbie amorce une transition démocratique. Elle est officiellement candidate à l'UE depuis janvier 2014 après avoir rempli ses obligations envers le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) et conclu en 2013 un accord de normalisation avec le Kosovo. Belgrade écarte toutefois toute reconnaissance de son ex-province, peuplée en écrasante majorité d'Albanais musulmans et qu'elle considère comme son "berceau historique".
RELIGION: Plus de 80% des Serbes sont des chrétiens orthodoxes. Le Sandzak serbe, au sud-ouest, est une région majoritairement musulmane.
