Le Premier ministre serbe Aleksandar Vucic a accusé lundi la Croatie de menacer "la paix et la stabilité dans la région", après des décisions vues à Belgrade comme une dérive nationaliste de son voisin.
"Ce qui se passe influence sérieusement la paix et la stabilité dans la région", a indiqué M. Vucic, précisant avoir écrit au président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, à la chef de la diplomatie de l'Union européenne Federica Mogherini et au commissaire européen à l'Elargissement, Johannes Hahn.
Jeudi, la justice croate a cassé la condamnation de l'ancien député Branimir Glavas, reconnu coupable de crimes de guerre à l'encontre de civils serbes pendant la guerre de 1991-1995. Le parlementaire doit être rejugé.
Cette décision intervenait quelques jours après l'annulation de la condamnation il y a 70 ans du cardinal Alojzije Stepinac, condamné par le pouvoir communiste yougoslave pour collaboration avec le régime pronazi croate.
Et ce week-end, un monument a été inauguré à Draga, sur la côte dalmate, en hommage à Miro Baresic, un nationaliste croate condamné à perpétuité en 1971 en Suède pour avoir participé à l'assassinat de l'ambassadeur de Yougoslavie à Stockholm.
Amnistié, Baresic était revenu en Croatie dans les années 1990 et a été tué au combat en 1991 pendant la guerre d'indépendance de cette ex-république yougoslave contre les forces de Belgrade (1991-95).
Aleksandar Vucic a dénoncé "l'inauguration d'un monument (en hommage) à un terroriste condamné par la justice de Suède" et "la réhabilitation et l'annulation de verdicts contre des criminels de la Seconde guerre mondiale et de la dernière guerre" des années 1990.
"Nous voulons que tout le monde sache que la petite Serbie, petite par rapport à la grande UE, a levé sa voix contre le terrorisme et le nazisme", a dit Aleksandar Vucic.
La proclamation de l'indépendance croate en 1991 a provoqué une guerre avec les séparatistes serbes de Croatie soutenus par Belgrade, qui a fait près de 20.000 morts.
Belgrade et Zagreb entretiennent depuis la fin du conflit des relations difficiles.
La Croatie appartient à l'UE depuis 2013. La Serbie est au début de ses négociations d'adhésion. Elle a reproché à Zagreb d'avoir fait obstacle à l'ouverture de ces discussions.
